cannelle, Deux-Montagnes, poésie, thé, tisane

Esprit divaguant…

Une même tasse

Pour café, thé, tisane

Le tanin la tache

Et ma main la récure

Avant la cuillère débordante

De miel

Cannelle tout près

Fragments d’écorce

Libérant

Arôme et goût

Sous l’infusion

Rêve de caravane

 

Une même tasse

Sur soucoupe

D’un blanc étincelant

À mon secrétaire,

Pièce de mobilier

Et témoin des rares envolées

 

Parfois, la tasse

Me suit

Sous puits de lumière

Que j’imagine

Mon ficus benjamina

Transformé

Par mon esprit divaguant

En théier.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

 

 

Montréal, poésie, rue Sainte-Catherine Ouest, urbanisme

Castle Building avec vue sur la ville

Castle Building

Il n’a

Ni l’allure d’un hôtel

Quatre étoiles

Ni celle d’un château

Surplombant une forteresse

Et entouré de douves

Au passé, les ponts-levis

L’immeuble en briques brunes

Aurait passé pour une ancienne

Manufacture ou ruche à comptables

Alignés derrière leurs bureaux

Imaginons derrière

La paroi anonyme ou presque

Un restaurant végétarien

Une bibliothèque

Une salle de cinéma

Pour diffusion de documentaires

Ou de lectures publiques de poésie

Avec vue sur la ville.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

art urbain, CHUM, Montréal, poésie

Le clocheton

Tour et clocher-CHUM

L’architecture

En panneaux de verre

A absorbé

Un clocheton

Tout en pierres

De taille

Maintenant David

Contre

Goliath

S’est tu l’airain

Furent ravalées

Les prières

En nos fors intérieurs

La pluie

La neige

La grêle

Heurtent

Érodent

Les surfaces

Mais qui s’en émeut

Gommé le parvis

Vite une rame de métro

Nous convie à un autre tempo

Pendant ce temps,

Psalmodie

En quelque verte campagne

En quelconque monastère.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

amour, Montréal, Plateau Mont-Royal, poésie, urbanisme

Éclipse

Main de lune

Main qui tend

La lune

Main qui la reçoit

L’éclipse

Intentions dans ce partage

Ongles ayant gratté

Le sol terreux

Le ciel assombri

Qui soumet

Qui domine

Aucun jeu de pouvoir

En fait

Dans les gestes tendres

Les lignes

De vie et de cœur

Se mirent

Dans les paumes

Qui s’aimantent

Tout en maintenant

Une distance

Appropriée

Mais l’amour

Accepte-t-il

Cette distanciation

Ce retrait

Cet attrait

De l’absence/présence…

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

Angleterre, ciels, cieux, France, La Manche, peintres, poésie, Spiritualité

Les ciels des peintres

Les ciels des peintres

Nous font des yeux doux

Tandis que les cieux

Évoquent pour nous

La Mère-Patrie, le Pays

Et pour vous,

Le Paradis

Les ciels des peintres

Sont des rêves d’enfant

Des remous

De l’écume

Dans une rivière

Suspendue

Sous les étoiles

Et le soleil

Et la lune

Les ciels des peintres

Sont touches de peinture

Nostalgie française

Ligne d’horizon anglaise

Par-delà les falaises

On entend les rugissements

De la mer

S’élèvent les pleurs

Implorent les peureux,

Surtout les malheureux

La Manche engloutit

Les marins dans ses manches

Et les oiseaux crieurs

Réclament leur pitance

Derrière les bateaux

Et les gamins rieurs

Réclament l’errance

Au sortir des berceaux.

 

© Photos, texte, Denis Morin, 2020

Basses-Laurentides, chanson française, Deux-Montagnes, Fleurs, nostalgie, poésie

Des cornets de gramophone

Rose trémière jaune

Il y des fleurs comme ça

Qui vous figent en mémoire

L’enfance aux trousses

Lilas, glaïeul, rose trémière

Pour cette dernière

J’en cultive des jaunes

Et des noires

Qui bouffent la lumière

Et cultivent le mystère

Cette beauté gracile

Ne se mesure pas à l’aune

Avec ces corolles

En cornets de gramophone

Ce sont des airs anciens

Que l’on croit entendre

Et que l’on méprend

Avec J’ai deux amours

Et J’attendrai.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

 

 

écriture, Montréal, poésie, rue Saint-Antoine Ouest et rue Bleury, solitude, urbanisme

Prière de ne pas déranger

Flou-rueBleury

De jour comme de nuit

La ville apparaît

Si tranquille

De si haut

On croit entendre

Le vent

Au travers des branches

Rideaux tirés

La plupart du temps

Pour estomper le vertige

Pour gommer

L’appel du vide

Vaux mieux s’asseoir

Que de rester debout

L’eau froide rafraîchit

Les idées

Calme les émotions

Il y a

Tant à faire

Tant à écrire

Tant à dire

Chaque envolée lyrique

Chaque décollage poétique

Me rapproche du ciel

Me rapproche du cœur

À la porte de la chambre

Prière de ne pas déranger.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

 

écriture, Montréal, poésie, Roman, rue Saint-Antoine Ouest et rue Bleury, urbanisme

Un écrivain sur la ville

Poètesurlaville

Hier, je jouais

Au jeu

De l’écrivain sur la ville

Isolé dans une chambre

À transcrire

Des mots

De manuscrit à tapuscrit

Hier, je contemplais

La cité et ses vertiges

Les buildings, les voitures,

Le verre allumé

Devant moi

Et en contrebas

Et moi derrière une glace

Pris entre le silence

Et un besoin de plonger

En écriture

Dans mon cahier

Si plein de ratures

Hier, je jouais

Au jeu

Du poète rêveur sur la ville

Ivre de liberté

Il faisait nuit

Qu’importe les pages

À transcrire

Je finirai bien

Par arriver au port.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020