Arts, écriture, Création, inspiration, poésie, Roman

La vie, dans le mouvement

L’écriture se nourrit de temps arraché à la cacophonie de la modernité et de régularité.  Donc, on ne saute pas un jour sans broder quelques lignes, sans confier à l’écran ou au papier un état d’âme, une pensée, un dialogue à intégrer dans un chapitre de roman.

Oui, les états de grâce existent où les muses et les esprits des disparus nous soufflent l’image émouvante et la rime parfaite, mais bien plus souvent qu’autrement il nous faut un brin de fatigue oculaire pour que jaillisse un texte convenable qui saura faire réfléchir ou à tout le moins émouvoir le lecteur en sa chaumière.

Malgré les apparences, je n’ai pas le verbe facile.  Je suis timide.  Je me fais violence, puisqu’écrire m’est nécessaire pour vivre.  Tiens, je vous écris en ce moment dans le silence. Pas de télévision allumée pour distraire le regard, pas de Messenger ouvert, par de musique pour m’éviter le risque de m’envoler sur une mélodie.

Le livre en devenir se forge à coups de phrases prélevées, voire cueillies dans l’air.  Qui de l’imaginaire et de la raison se met au service de l’un ou de l’autre ?  Je ne saurais dire.  Cela importe peu.  Allons de l’avant, la vie étant dans le mouvement, dans le geste, des mots qui défilent et de l’iris qui lit…

À suivre…

 

© Texte, Denis Morin, 2018

Arts, écriture, billet d'humeur perso, inspiration, poésie, ras-le-bol

Le parcours de l’artiste

L’artiste vit son parcours

Il inspire l’affection,

La haine ou l’indifférence

Il est ce qu’il est

Il crée, parfois il fait la récréation

Pour le peuple

Ou il éveille les consciences

 

Après son trépas

Le notaire et les ayants droit entrent dans la danse

Question de blé et de fiscalité

Formalités, vous dirais-je

 

L’artiste vit ses beaux jours

Il écrit, crée, crie, décrit

Peint,  danse, filme, pianote, chante,

Tournoie sur lui-même

Et dans son mouvement giratoire,

Veut toucher l’autre

 

Il est capté par le désespoir

La planète tel un navire qui coule

Il doit penser à émouvoir

Si l’ombre d’un journaliste lui tend un micro

Puis à se vendre

Sur les réseaux sociaux,

Promotion oblige

 

L’artiste s’époumone

À chercher la lumière du projecteur

Sur soi

Souvent, ça ne vient pas

Les lampes sont éteintes

Les regards sont détournés

Et l’artiste s’en retourne

À son silence,

À sa tanière

 

Circulez, circulez, les citoyens

Y a rien à voir

 

L’artiste sait qu’il vivra

À titre posthume

Émotion dans la voix

Non, je n’ai pas le rhume

Par ses œuvres

Par l’amour ou son contraire

Qu’on lui vouait

 

S’il est né sous une bonne étoile

Son nom sera dans le Robert

On aura des pistes de recherche

Aux archives nationales

Ou dans une vieille malle familiale.

 

Quant à moi,

Je lirai ma poésie

J’animerai des ateliers

Et j’écrirai des billets tel celui-ci

Comme autant de bouteilles…

Un homme à la mer !

 

© texte, Denis Morin, 2018