danse, poésie

Qui porte qui ?

Que faites-vous

Des moments passés ensemble

En classe,

Au studio

Pareils à nos danses

Transmises par des académies

 

Je vous cause

Et je revois encore vos ronds de jambe,

Vos bras allongés

Vos sauts aériens

Votre pied gauche pointé

Votre corps qui se contorsionne

Pour me livrer une histoire

Ou des interprétations multiples,

Reste à savoir

Qui possède un imaginaire débordant,

Fertile,

Féerique,

Métaphysique

 

Qui porte qui

L’homme ou sa partenaire en transe

Qui emporte qui

Les danseurs en sueurs

Ou le spectateur chamboulé

De l’intérieur.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

 

 

 

 

 

amitié, amour, communication, poésie

Éperdument

Éperdument

On s’aime

On se déteste

On se balance

Des injures

À la figure

Éperdument

À coups de mots-torture

Mon ordure

 

Éperdument

Tu ne perds rien pour attendre

Attendre quoi au fond

Si ce n’est la défaite

La déconfiture

Éperdument

Tout était écrit d’avance

Histoire banale

Plus de cartes postales

À envoyer comme preuves

De sentiments illusoires

Aux amis et à nos familles

Maintenant que c’est la bisbille

Et que la bisbille dure

Il pleut des hallebardes

Je t’avais prévenu.e

 

Bof, tu t’en fous

Éperdument.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

amitié, amour, écriture, famille, nostalgie, poésie

Ne pas, ne plus…

Ne pas…

Médire, il/elle est parti.e

Trop cuire le rôti

Saisir ce vase

Juste l’idée de le fracasser

 

Plutôt

Attraper la clarté

Si discrète en octobre

L’hiver viendra trop vite

Dis-tu / Disais-tu

Je ne sais plus

Où nous en sommes / où nous en étions

 

L’écho des disparus

Frappe ma mémoire

Ne plus (s’)échapper

Comme un visage estompé

Ne pas oublier

Oui, polir l’argenterie

Relire les lettres

De nos amours (in)fidèles.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

écriture, Plateau Mont-Royal, poésie

Entre chien et loup

Jongler avec les (in)certitudes

Comme si elles étaient des quilles,

Des balles colorées

Allant du plus clair au plus sombre

 

(S’)incliner la tête

L’arbre sait ployer une branche ou deux

Laissant filer le vent, l’oiseau, la pluie drue

S’envole la casquette

 

Puis entre chien et loup

Penser à rentrer au chaud à la maison

Ou bien rêvasser dans un café du Plateau

Entre deux chapitres à écrire

Entre deux livres lus, deux recensions.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

 

 

chanson française, inspiration, Piaf, poésie, transport, urbanisme, vie quotidienne

Le bal musette

AvionExo

Que l’on habite

Une banlieue

L’un de ces lieux

Dont on part

Et où on revient

Par RER

Métro

Bus

On rêve toujours

D’ailleurs

Il nous faut partir

Vers le point B d’une carte

Pour comprendre

Pour entendre

La voix de sa mère

Dire qu’on est bien ici

N’excluons pas

Le facteur et ses cartes postales

Plus sympa tout de même

Que des factures papier

Ou en version électronique

N’excluons pas

La rêverie

Qui gomme

Le temps d’une rose

Les conneries

Les coups bas

La trahison

Oui, chante-moi une chanson

Du style

Padam, padam, padam

Pour que mes yeux

Quittent le macadam

Pour transformer la routine

En bal musette.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

actualités, écologie, billet d'humeur perso, Création, nature, poésie

Notre petitesse dans l’univers

Baleine

Baleine échouée

Taureau de corrida

Saigné à blanc

Personne au banc

Des accusés

Épave

Rien de trop grave

Retournez à Netflix

Forêt en miniature

Fragment de nature

Le lichen s’agrippe

Encore

À l’écorce, sa monture

Actualités en déconfiture

On prédit une guerre

Le cours de l’or

À la hausse

Les hydrocarbures

Auquel on devra renoncer

Dauphin retourné

À la mer

Celui-là aura échappé

Au massacre

Des militants sur une place

Rappel de notre petitesse

Dans l’univers.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

 

amour, écriture, poésie

Quand les amours ne sont plus

Fenetre floue

Pourquoi les amours

Viennent et (s’en) vont

Au gré des saisons

 

Pourquoi la pluie

Et les cieux gris

Masquent l’azur

Et font oublier le soleil

 

Pourquoi mentirait-il

Pourquoi mendierait-elle

Des restes

Ce serait funeste

 

Pourquoi dégainerait-elle

Son pistolet chargé

De mots assassins

Pourquoi donnerait-elle

Un sarcasme

Qui ne lui était pas destiné

 

Pourquoi jouerait-il au funambule

Sur un fil de fer

Alors que les dés sont déjà joués

 

Pourquoi doit-il plier bagage

Cette histoire n’était que mirage

 

Pourquoi se livre-t-on

Le pire des combats

De soi à l’autre

Ou même

À l’intérieur de soi

Quand les amours ne sont plus…

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019