centre-ville près de la station de métro Guy-Concordia, Montréal, Poème de train, poésie, poésie de train, urbanisme

La belle Victorienne

Maisonverte2

La belle Victorienne

A perdu ses jardins

Son écrin végétal

Héritage architectural

Anglo-irlandais

Elle a mis

Sa robe

D’un vert de gris

Elle tranche

Tel un livre d’époque

Dans une bibliothèque branchée

Beauté

Faisant pignon sur rue

Mystère suranné

Nous passons

Pour les immeubles bétonnés.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

Basses-Laurentides, billet d'humeur perso, Deux-Montagnes, Lac Deux-Montagnes, Laval, nature, Poème de train, poésie, poésie de train

Ta main sur la table

LacDeux-Montagnes

Je laisserai

Sur cette terre

Des mots

Un sourire énigmatique

Peut-être une ligne prophétique

Les remous

D’une rivière

Le calme

D’une neige tombée

L’horaire régulier des trains

Ta main sur la table

Une coupe vide

 

Je laisserai

Sur cette terre

Des cieux

Des berges gelées

Un renard roux

Un hibou

Des fleurs en dormance

Au fond du jardin

Un chat curieux

Un fjord

Un estuaire

Ta main sur la table

Une coupe vide.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

actualités, écologie, écriture, billet d'humeur perso, nature, poésie de train

J’en ai marre

Lunatique

Lune à tiques

Tu as des tics

Vous agissez

En fonction de vos tocs

On cogne à la porte

Ça le désarme,

Le déstabilise

On le ridiculise,

Pense-t-il

Les feux sont-ils

Éteints au Brésil

Dis-moi

Parle-moi

De choses insipides

Comme la tenue d’une comédienne

À un gala

Comme les séances de maquillage

En ligne

On se place en deux files,

Les petits en avant

Les plus grands en arrière

En fait, devant qui

Doit-on s’incliner

Plier l’échine

Des cétacés se font égorger

Chaque année

Aux îles Féroé

J’en ai

Juste marre des imbéciles.

 

 

© Texte, Denis Morin, 2019

écriture, censure, communication, dictature, poésie de train

Intime prison

Taisez-vous

Tout ce que vous direz

Sera retenu contre vous

On vous prêtera

De mauvaises intentions

On émettra des hypothèses

Dans une thèse

Si vos propos

Sont de notoriété publique

Si vos écrits

Sont lus, commentés,

Encensés, dénigrés

 

Taisez-vous

Évitant ainsi le bûcher,

La fatwa,

La fusillade ou l’exil

Retenez votre langue

Qui tangue

Derrière vos dents scellées

Et votre bouche close

Contre votre palais,

Intime prison.

 

© Texte, Denis Morin, 2019