chanson française, inspiration, Piaf, poésie, transport, urbanisme, vie quotidienne

Le bal musette

AvionExo

Que l’on habite

Une banlieue

L’un de ces lieux

Dont on part

Et où on revient

Par RER

Métro

Bus

On rêve toujours

D’ailleurs

Il nous faut partir

Vers le point B d’une carte

Pour comprendre

Pour entendre

La voix de sa mère

Dire qu’on est bien ici

N’excluons pas

Le facteur et ses cartes postales

Plus sympa tout de même

Que des factures papier

Ou en version électronique

N’excluons pas

La rêverie

Qui gomme

Le temps d’une rose

Les conneries

Les coups bas

La trahison

Oui, chante-moi une chanson

Du style

Padam, padam, padam

Pour que mes yeux

Quittent le macadam

Pour transformer la routine

En bal musette.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

billet d'humeur perso, Laval, Montréal, poème de métro, poésie, rythme de vie, urbanisme

La saveur du mois

Lignes rouge et verte

Nos vies défilent

À une vitesse vertigineuse

En Occident

Clics de souris

Claquement de doigts

On se catapulte

Soi-même

Du matin au soir

Lignes de vie

Fuyantes,

Fulgurantes,

Moches,

Éphémères,

Flamboyantes,

Douces-amères,

Sinueuses,

Tordues,

Lisses,

Un jet de shampoing

Sur un panneau-réclame

En fait, qui nous acclame

Quand nous ne sommes plus

La saveur du mois.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

Montréal, poésie, urbanisme

Le guépard

Immeuble clair-obscur

Ce jour-là

Mon œil fut attiré

Vers cette façade

Hésitant

Entre l’ombre et la lumière

Cela va de soi

Que des nuages

Formaient l’arrière-scène

Et que les rayons solaires

Perçaient où ils le pouvaient

Çà et là

Donnant à l’architecture

Du lieu

Une livrée mouchetée

Le guépard se terrait

Prêt à débusquer

Une gazelle

Un zèbre,

Tous deux perdus

Dans la cité.

 

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

boul. Henri-Bourassa, inspiration, Montréal, poésie, urbanisme

Cœur-pierre

Coeur-pierre

Anfractuosité dans le bitume

Les pluies diluviennes

Et les travaux

De la voirie

Avaient poussé

Cette pierraille

À combler le vide

À remplir le creux

Surprise du passant poète

Voyant des choses

Là où les autres ne voient rien

J’ai vu ce joli cœur

Je vous en fais cadeau

Puisse-t-il mettre du beau

Puisse-t-il appliquer du baume

Sur votre heure.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019