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Montréal, poésie, station de métro Lionel-Groulx

Plage horaire

PuitsdelumièreLionelGroulx

Clairière

Verrière

Clarté

Imprimé

Sur béton

Travailleurs sur le quai

Heure de pointe

Lumière du dehors

Projetée

Au-dedans

Effet-surprise

Parfois

Poudroiement

Flocons de poussières

Messages insipides

De la société de transport

Dans ce bunker ferroviaire

Air vicié

Ne pensez plus aux huissiers

Ils vous communiqueront…

Plage horaire

Et ampleur de la saisie.

 

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

Arts, écriture, inspiration, poésie

Histoires en devenir

CharpieCrayon

Poudre anthracite

Le graphite s’effrite

La pointe s’affine

Sous la lame de l’aiguisoir

Et la torsion de la main

Vagues

Le bois se ratatine

Les fibres en charpies

Libèrent

Une fine ligne bleue

Mots retenus

Personnages

Actions

Émotions

Dans l’esprit de son auteur

Tout reste à être libéré

Papier

Désert

Désolation,

Puis lettres

Histoires en devenir…

 

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

hiver, musique, neige, nostalgie, poésie, printemps

Sotto voce

Tulipe1

Les fleurs dorment toujours

Sous la neige

Tu l’as toujours su

Et moi, j’ai toujours nié

Que les bourgeons d’avril

Les fleurs de mai

Sont engourdis

Au creux des arbres

Au creux de ton cœur

Ça, tu l’as toujours su

 

Les fleurs dorment toujours

Sous la neige

Au piano, fais-moi un arpège

J’aurai l’évidence

Je me tairai

J’avouerai

Que tu as raison

Une fois de plus

De ressentir la musique

Et la vie sous une apparente mort

 

Les fleurs dorment toujours

Sous la neige

Tu me parles de la poudrerie

Qui soulève les flocons

Je t’écouterai

Je retiendrai tes paroles

Quand tu me déclares

Sotto voce

Che i fiori dormono sempre

Sotto la neve.

 

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

 

 

 

 

 

France, Marguerite Bourgeoys, Montréal, Nouvelle-France, rue Sherbrooke Ouest, Ville-Marie

Les tourelles

Tours

Abandonnez derrière vous

Les champs

Gens du Perche, du Poitou,

D’Anjou

Hissez les voiles

Filez droit devant

La Nouvelle-France a besoin

De bras,

De ventres,

De têtes pleines de rêves

Abandonnez derrière vous

L’âne et le bœuf fatigués

Par tant de labours

Troquez l’ancien pour le nouveau

Les terres épuisées

Pour des forêts à parcourir

Des terres à défricher

Clairières

À transformer

En parvis d’église

Ou en tourelles

Portez vos canots

Sur vos épaules

Franchissez le continent

Sur des rivières

Entremêlez votre tissage français

Au métissage du fléché

Rangez les voiles

Et les cordages

Vous bâtirez maison.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

hiver, Laval, nature, poésie, rivière des Milles Îles, Train Exo 6 Montréal-Deux-Montagnes, transport

Le coyote

Arbre et pont

Défilement

Déchirement de l’onde

L’arbre projette-t-il

Une ombre

Griserie ferroviaire

Grisaille

En contrebas de l’image

Des ouvriers tiennent cisaille

Ou un marteau-piqueur

Qui gomme la musique

Pic-bois en chômage

Souhaitons que les colverts

Échapperont un instant

À la dent

Du renard fauve

Tiens, les ouvriers

Portent des bottes

De la même livrée

Que le coyote

Aperçu

De l’autre côté de la rive.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

Basses-Laurentides, Deux-Montagnes, hiver, nature, poésie

La vigne

Vigne

Elle sert de perchoir

Aux oiseaux

Elle donne espoir

Par temps beau

Malgré son écorce

En oripeaux

Les raisins mûrs

Sont tombés

Sous le bec des étourneaux

Qui s’en sont régalés

Elle sert de labyrinthe

Aux mulots

Elle sert de passerelle

Aux écureuils

En quête d’arachides

Et les geais bleus sont avides

Veillant sur la vigne.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

 

centre-ville près de la station de métro Guy-Concordia, hiver, Montréal, rue Sherbrooke Ouest

Buée et fumée

Buée

La buée

S’échappait

Des pores

Des immeubles

Comme l’écume roulant

Sur les flancs d’un poisson

 

La fumée

Était libérée

Par les buildings

En une matinée si froide

Que le givre

Prenait dans la moustache

À l’orée des narines

 

La buée

Recouvrait

Mes verres

La fumée

S’exhalait

De mon souffle.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020