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Malgré tout

Un roman

Dort

Manuscrit

Dans deux cahiers

L’un tacheté

L’autre nacré

Projet de transcription

Pour l’an prochain

Je remets

À demain

Ma main

Gauche

Sur le clavier

Ma main

Droite

Sur le papier,

Celui des livres

À écrire

Des nouvelles

Des contes

À lire

Des souvenirs à échanger

Aves les ami.e.s Outre-Atlantique

Ma vie,

Bateau de givre

Naviguant

Déjà en novembre

Sur vitre de février,

Malgré tout,

Figure de proue allumée.

© Photo, texte, 2022

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Bleu nuage

Il y a ce bleu nuage

Constitué de pluie, d’humeurs ténébreuses,

De la mélancolie envahissante de novembre

Il y a ce bleu nuage

Au-dessus des toits, des maisons tranquilles

Des chats qui rodent dans les jardins

Aux fleurs éteintes

Il y a ce bleu nuage

Cette encre diluée

Ces mots sous-entendus

Dans tes missives trop brèves, trop sèches

Il y a ce bleu nuage

À tes lèvres presque pourpres

Faute d’oxygénation

Au cœur

Il y a ce bleu nuage

Une tempête sévit

Quelque part sur une carte

S’agite la boussole

Il y a ce bleu nuage

Entre les pages

Du livre

Que tu voudrais écrire

En marge du monde.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

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La silhouette esquintée

Elle se sait

Condamnée

À la casse

À la case départ

La chaise

Plus personne n’en veut

Il peut

Bien pleuvoir, grêler,

Neiger

Qu’importe

Son sort est joué

À moins

D’un revers du destin

D’un bricoleur du dimanche

Qui pourrait

Par amour des choses anciennes

Lui ajouter un barreau

Lui redonner son lustre d’antan

Souhaitons-lui

Bonne fortune

Miracle inattendu

Qui sait

Sur cette rue,

Cette grande allée

Bordés d’arbres centenaires

Détrempée par novembre

Elle se sait

Photographiée

Mise dans une casse,

Celle d’un cellulaire

Par un poète au pas égaré

Il lui trouve un charme suranné

Un je-ne-sais-quoi déjanté

Malgré sa silhouette esquintée.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

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Si prévisible

Frissons givrés

Sur l’herbe

Au printemps

Nous (nous) étendrons

À nouveau

Nappe à carreaux

Vin

Fruits

Fromage

La bordure de tissu

Sera notre rivage

Rêvons d’ici là

De retrouvailles

De boustifailles

De bouteilles ambrées

Et d’un chapeau

Tressé de paille

Et d’une casquette si coquette

Te souviens-tu

Des discussions animées

Des divergences

Parfois, de nos convergences

Ton pied pointait vers le sud

Je tentais

De décoder ton attitude

Désemparé.e, tu étais

Face à mes habitudes

Je sais

Que j’étais

En dépit de mon imaginaire foisonnant

Si prévisible.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022  

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Cadavres écrits et À l’encre de l’esprit

Un poète, ça écrit des choses gentilles comme la pluie, les roses, les papillons et les abeilles. Toutefois, il arrive de temps à autre que l’artiste est invité à sortir de ses gonds, à casser la baraque, à chahuter pour se surprendre lui-même et le lectorat. Yoann Laurent-Rouault, notre directeur de collections et aussi peintre-illustrateur, et Jean-David Haddad, éditeur, savent provoquer la création avec le consentement des plumes invitées.

Pour le collectif de nouvelles Cadavres écrits, j’avais soumis la nouvelle En toute impunité où un homme d’affaires narcissique au maximum abuse de son entourage, jusqu’au jour où une redoutable adversaire croise sa destinée.

Maintenant, je récidive dans le collectif de nouvelles À l’encre de l’esprit avec un texte intitulé Kaddish au Trastavere. J’y raconte un épisode surnaturel alors que je me baladais jadis sur un rive du Tibre à Rome, alors qu’une famille juive aperçue se préparait pour Auschwitz-Birkenau.

Dans ces deux livres, je suis entouré par de nombreuses plumes fort talentueuses de la maison JDH Éditions. J’unis ma voix à celles des autres bien humblement.

Je vous invite à découvrir ces recueils aux histoires fictives pour Cadavres écrits et aux phénomènes vécus pour À l’encre de l’esprit qui viendront hanter vos nuits. Bref, ça décoiffe !

À lire évidemment si le mystère et les ambiances troubles vous fascinent.

Ces ouvrages sont toujours disponibles via Amazon.fr, la FNAC, etc. ou bien à la boutique en ligne de chez JDH Éditions, en impression à la demande.

© Couvertures de Yoann Laurent-Rouault, 2021-2022; texte du billet, D. Morin, 2022

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Selon toute vraisemblance

Robert, Jacques,

Michael, Zachary

Un prénom gommé

Partout ou presque

Parti sans laisser d’adresse

Appels à l’abonné absent

Parcours du West Island

Ou d’Homa vers le centre-ville

Désabusement

Exclusion

Faim

Besoin de soins

Besoin de regard bienveillant

Sur lui

Vêtements

Ajours de tissu abîmé

Passe l’air vicié du métro

Besoin de consommer

Besoin d’un toit

Besoin de toi

Par où commencer

Par où clore

Une destinée

Une estime

À regagner

Pour soi

Selon toute vraisemblance.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

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Pour ces mots

Ciel troublé

Feindre l’oubli

Pour ces mots

Ceux omis hier

Ceux dits en trop

Ceux qui blessent

Ceux qui ne caressent

Pas assez

De tendresse

Ciel troublé

Les lumières vives

Transpercent le sombre

Promesse

D’un demain meilleur.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

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Tes joues

Il y a tout ce rose

De la coupe aux lèvres

Dans ce vertige

De l’étreinte

De l’atteinte

Aux sentiments

Il y a tout ce rose

Dans les voix sur YouTube

Dans ces souhaits échangés

Dans ces J’aime et J’adore

Il y a tout ce rose

Ces cristaux de sel et de sucre

Ces strates

Cette montée et cette chute

De l’effervescence

Il y a tout ce rose

Qui te monte aux joues.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

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La chevauchée des vélos-citrons

Vélo-citron

Papillon monarque urbain

Le plus démocrate qui soit

On le pose sur les quais du métro

Où nos semelles poussiéreuses

Ou boueuses

S’accrochent à ses rayons

Éclat vif

Dans la grisaille souterraine

Les humains décrivent dans la ville

Des itinéraires

À peu de choses près

Font de même les rats

À Montréal, discrets sont-ils

Pas de cavale à dents acérées comme à Paris

Quai d’Austerlitz

Sous l’armature industrielle du 19e siècle

J’image des mômes d’avant-guerre

D’avant-garde

Chevauchant des vélos-citrons.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022