Blogue

Non classé

Jusqu’à la fin août

C’est (dé)veine

Papillon

Espèce protégée

Pour espace saccagé

C’est parade

Annulée

Paillettes rangées

Ce pantalon de cuir te va si bien

Applique un peu plus

De fard à joue

Jeter ombrage

Le vernis à ongles en spécial

À la pharmacie du coin

C’est Yourcenar

Du plus bel effet

En opéra

Livret à quatre mains

Du Québec vers la France

Vers le Maine

Il n’y a qu’à suivre le fleuve

Se jetant dans la mer

C’est retrouvailles

Victuailles

Une bière de chez nous

Du pain, du fromage,

Des fruits,

Du poulet rôti

De la salade de chou

Tu resteras bien

Jusqu’à la fin août.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Inséparables

Tu m’ignores

Aujourd’hui

Pourtant

Hier

Nous étions

Inséparables

Nous parlions

Chanson

Poésie

Nous rêvions

De France

De Paris

Et d’Avignon

Sur ce petit pont

Dansé nous aurions

Je porte

Sur mon dos

L’étoile du parfait inconnu

À quoi bon se plaindre

De ce qui n’est plus

Que le passé se creuse

Au fond de la mémoire

Le temps s’illusionne

À faire du passé

Un présent.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Juste avant Netflix

La girafe forme

Un T

Majuscule

Sur centre-ville

Vue imprenable

Le fleuve

Les bretelles d’accès

Aux autoroutes

Économie en déroute

Le cousin à Beyrouth

Allume sa lampe,

Pas celle d’Aladin

La girafe forme

Une étrange exclamation

J’entends

Les détonations

Via les vidéos

Et les topos

Une ville tombe

Un village se relève

Hécatombe

Au lointain

Dont on se lasse si vite

Changez de chaînes

Vous êtes les mêmes

Qui épandez vos pesticides

Sur ce terrain de golf

Mais ne me parlez pas

De la nostalgie du papillon monarque

De votre adolescence

Virevoltant

En toute insouciance

C’était autrefois, hier

Juste avant Netflix.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Et si le verbe

Et si le verbe, je veux dire par cela l’expression artistique, est le supplément d’âme qui distingue l’Homme des autres espèces animales. Pourtant, cela ne signifie que l’on puisse asservir et détruire allégrement la nature comme nous l’avons fait depuis la révolution industrielle.

Et si le verbe était ce qui nous permettait de mieux faire ressentir l’expérience humaine à nos concitoyens, en toute solidarité, dans le sens le plus noble du terme, sans nécessité de passer par les jeux de la séduction, la cupidité maladive et la soif de domination.

Et si le verbe s’avère la meilleure façon de rejoindre l’autre, de l’émouvoir, de lui donner des ailes, tout en s’ancrant, racines plongées dans le terreau fertile de nos ancêtres.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Le temps fragmenté

Le temps fragmenté

Aimerait

Faire d’un lundi

Un dimanche

L’écorce dégagée

Du cep

A pour précepte

De croire en les fruits à venir,

Grappes au bout des doigts

Ou à portée de bec

Les étourneaux réclament

Leur portion

Le temps fragmenté

Ne se compte pas

En regrets

En ‘’si j’avais pu’’

Le temps fragmenté

S’arrime

Aux visages à découvrir

Aux livres à lire

Aux êtres à étreindre

À la clarté du jour.

© Photo, texte, 2022

Non classé

Commentaire pour La petite goutte d’eau

La petite goutte d’eau de Denis Morin

                        Offert sous une présentation soignée et attrayante aux Éditions Le Baladin, le conte La petite goutte d’eau de l’écrivain Denis Morin s’adresse à tout enfant qui sommeille en chacun, chacune de nous, ainsi qu’à l’âme sage et innocente des plus jeunes.

            Dans un langage riche, fluide et un style impeccable, l’auteur nous fait entrer dans un univers à la fois simple et enchanteur, en plein accord avec l’ordre du monde. Il y a dans ce très joli conte quelque chose d’apaisant, de rassurant, à propos de cette fabuleuse aventure de la vie et qui lui donne sens. Un peu à la manière du Petit prince de Saint-Exupéry, la petite goutte d’eau explore, voyage dans cet univers, fait des rencontres, expérimente, apprend…

            Cycle de l’eau, cycle de vie… et la boucle se boucle. Moment de lecture douce et bienfaisante.

                                                                                   Diane Boudreau, écrivaine,

                                                                                                          le 7 juillet 2022

Non classé

Égarement

Flèche ployée

Par le poids des pas

Des directions à suivre

Des décisions possibles

Un choix

Hors du carquois

Étrange accent circonflexe

Laissant perplexe

Et que dire de ces pointes

Recherche de la cible

Atteindre les pourtours

Mais miser le cœur

Une seconde fois

Du guide

Qui dit

‘’Cette gare fut construite

Dans un contexte…’’

En français, en anglais,

En cantonnais

Offre d’options

L’égarement est-il permis ?

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Pourquoi et pour qui écrire ?

Je viens de discuter avec Diane Boudreau, peintre et poète, sur le pourquoi de l’écriture et le lectorat. Nous nous disions que nous écrivons pour laisser une trace de soi, d’une expérience humaine. Par l’intermédiaire du livre-objet, c’est le partage qui se vit de soi vers l’autre.

À la blague, je dis souvent que l’écrivain conçoit un trousseau pour sa succession en termes de textes, pas juste de droits à percevoir.

Sans aucun doute, la joie de s’exprimer s’ajoute à celle de créer. L’écrivain endosse l’habit de l’artisan semeur de mots. Dans ce monde où tout va si vite, il est bon de savoir se poser de temps à autre sur un pourtour d’horizon pour savoir savourer les heures et tenter d’apprécier le présent si (im)parfait soit-il.

Et puis, tout s’entremêle, son vécu personnel, des personnages inventés plus ou moins loin de soi, des impressions, des ressentis, des fulgurances créatrices. Dans le chaudron de l’imaginaire, on touille à gauche et à droite. Le résultat donne un tout sucré, salé, acidulé, doux-amer, selon les ingrédients mis et les émotions versées.

Somme toute, chaque texte est une aventure et une traversée, peu importe sa longueur et sa teneur. La littérature s’avère plus qu’une histoire de genres prédéfinis : conte, poésie, théâtre, nouvelle, roman, essai, biographie.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Parfois, souvent même

Chorégraphie

Ramage

Chatouilles du ciel

À l’heure bleue

Les conifères s’imposent

Les feuillus si discrets

N’osent livrer bataille

Chorégraphie

Mots que l’on gribouille

Sur un bout de papier

Le bus ne saurait tarder

Toi non plus d’ailleurs

Je t’aurai si longtemps…

Espérer

Ce verbe chargé de joies,

De déception, d’incertitudes

Contenir l’attente

Comme toutes ces hirondelles

Perdues

Dans les remous de l’azur

Chorégraphie

Ma tête

Se balade

Entre le poème

Et la recension du dernier livre lu

Et le polar qui gît impatient

Dans ma serviette

Encre bleue

Ratures

Lettres grossières

Répétitions inutiles

Passages en points de suspension

En transcrivant

Je peaufinerai

Pas le choix

Et les documents et rapports

En retard

Ma synchronicité déraille

Parfois

Souvent même

Je pense à toi.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022