La manière délicate qu’il a d’essuyer sa moustache avec une serviette de table me fascine. Je plonge dans mes pensées.
Moi Philippe, 55 ans. Depuis toujours, je suis séduit autant par la beauté des femmes que celle des hommes. C’est dans ma nature. Mon épouse m’a soufflé à l’oreille que je finirais bien par être heureux avec qui je voudrais. Puis elle a fermé la porte entre nous deux. Notre fils masculiniste m’en veut de ne pas nourrir ses convictions. Sa mère est convaincue qu’il évoluera un jour.
Mon compagnon, Maxime, 40 ans, reste une énigme. Il aime jouer du mystère, mais quand il se dévoile… Attention !
— J’y pense depuis mon enfance. Ça m’habite et puisqu’aujourd’hui c’est mon anniversaire…
— Un autre secret ?
— Il y a une femme en moi qui veut voir le jour. Je vais amorcer ma transition.
Un long silence me paralyse. Je remplis nos coupes déjà pleines et dépose doucement la bouteille de champagne.
— Je t’aimerai toujours mon amoure, de toute façon.
Un livre, ça s’écrit au compte-gouttes, une page à la fois. La perle d’encre se dissout dans l’eau. Les mots se forment et les personnages s’animent et les paysages s’esquissent, sans qu’on ne sache trop pourquoi.
Dans le bus du matin, j’ai écrit de mai à hier, le 8 septembre, la suite à mon roman Et cétéra, dans un cahier à feuilles lignées. Les personnages revenaient me parler en rêve à l’occasion. À l’aube, je me disais parfois qu’ils voulaient continuer à s’exprimer et à évoluer à mes côtés. Je n’avais qu’à ouvrir la couverture d’un cahier, à saisir un stylo, puis à débuter.
Et cétéra est paru en 2021 chez JDH Éditions.
En moyenne, j’écris deux, trois pages par jour. Il m’arrive de terminer une section, puis d’écrire une ligne que je laisse en suspens qui servira d’amorce pour un nouveau chapitre. Ainsi, le lendemain, je recueille les dires des uns et des autres. Les images et les émotions surgissent en ne forçant rien comme une plante qui absorbe l’eau par capillarité.
Le manuscrit sera en dormance pour un certain temps avant de s’incarner autrement via le traitement de texte, etc.
Une semaine de vacances, c’est parfait pour refaire le plein d’énergie à la campagne, dormir, rêver, préparer mentalement son automne, espérer de bons jours. Ainsi, une suite du roman Et cétéra est en cours d’écriture avec d’anciens personnages qui ont invité de nouveaux à se joindre à nous. Je dis ‘’nous’’, parce que je leur laisse toute la place. C’est comme si de vieux amis sonnaient à la porte, que je les recevais et qu’ils venaient me raconter les dernières nouvelles et où ils/elles en sont dans leur vie. Je les écoute. Je me fais humblement leur intermédiaire auprès de mon lectorat.
Je vous préviendrai lors de sa parution en 2024. D’ici là, vous pouvez toujours me lire en me cherchant dans la section des auteurs chez @JDH Éditions.
Il m’arrive parfois de recevoir des visites en rêve. Il s’agit de membres de ma famille, d’un amour ou bien ce sont des personnages qui me soufflent des répliques. Alors, un dialogue s’entend, me réveille. Parfois, je note. Tantôt, je laisse ces mêmes personnages poursuivre leur entretien d’un songe à un autre. S’ils persistent, je m’incline bien volontairement à leur volonté d’expression. Par la suite, j’ouvre un cahier neuf, je griffonne, ce qui deviendra un roman, une nouvelle.
Après la rédaction du roman épistolaire Et cétéra, j’avais pris une pause littéraire en me permettant l’écriture de Wasabi pour Cassandra qui est un polar aux couleurs LGBT. Je me suis plongé en eaux troubles. Le résultat est très bien. Les presses sont encore chaudes. Il est au catalogue en ligne chez JDH Éditions.
Maintenant, étrangement, j’avais besoin d’eaux plus calmes. Le lectorat d’Et cétéra m’avait confié s’être attaché au couple Julien et Neige et être fasciné par James et Blanche, les amants réunis. Et c’est par Christophe et Simone, les enfants de Julien et Neige, que les répliques me sont revenues. Le titre est déjà trouvé. C’est un secret ou presque pour l’instant.
Les personnages m’interpellent, me hantent et me demandent de leur offrir mes mains pour qu’ils puissent avoir le dernier mot. Au jeu de l’écriture, j’y consens.