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Amours byzantines

Hydrangées-NDBonSecours-Mtl

Devant ta glace

Je reprends

Place

Celle qui me revient

De droit

Mirage

Puis avec ou sans toi

Chaque jour change

Comme un ciel

Azur en mouvance

Parfums de Byzance

Glissement

À partir des coupoles

À présent,

Rien n’est acquis

Tout se vit

Les autres font ce qu’ils veulent

Moi, ce que je peux

Toi, tu m’oublies

Et me regagnes

Tu franchis

Le Bosphore

Telle une brume matinale

Il m’arrive de me taire

Pour entendre

Des oiseaux argentés

Le cri

Le sifflement

D’un train au loin,

Le capitaine d’un bateau

Qui divague

Et qui, momentanément,

Te séduit

Tu me raconteras

La traversée.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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Déclarations incendiaires

Fossile

Il me semble

Que tout se fige

Comme fossile

Dans l’ambre

Ou feuille

Dans la visquosité

Du bitume

Amertume

Rappel des jours anciens

Où l’on jouait

Allègrement

À la marelle

À saute-mouton

En toute insouciance

Du lendemain

Du smog

Des guerres

D’une quelconque pandémie

Des êtres chers

À étreindre virtuellement

Des déclarations incendiaires.

© Texte, photo, Denis Morin, 2020

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La passagère

Passagere

À première vue

Je ne dépasse

Pas les bornes

Je ne franchis

Pas les lignes,

Les bordures

Tel un enfant sage

Surpris par la pluie

Qui tombe à grosses gouttes

Sur un dessin

Au fusain

Confié

Par le cousin

Déjà affairé

Aux dossiers des grands

J’entre avec le dessin,

Mes esquisses

Et mes crayons

Puis passe un train de nuit

Je n’ai pas sommeil

J’observe

Elle ne franchira

Pas de sitôt

La barrière

Elle va son chemin

De l’autre côté

Des lumières et des phares

La passagère.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

 

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Le peintre et la couleur (Hélèna Courteau)

Écrire, lire, penser

.

D’abord je rêve un territoire qui nous ressemble
Sans m’en rendre compte je vole vers d’autres cieux

Je ne suis ni celui qu’on invente ni un personnage de l’Histoire des vaincus
Je suis ivre de rencontres
Ville Lumière je te bois.

Dans la rue vivre l’euphorie de la liberté
Incarnée désormais dans mes toiles
Prisonnière.

Je revendique sinon de vivre chez soi
de me représenter par moi-même
De nous présenter tels que nous sommes

Les pigments
Les liants
De notre bonne fortune

De la mort prématurée
Dû aux purges de l’histoire
J’embrasse les passagers de ma vie

.

Mykhailo Boychuk, (1882-1937)

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Les itinéraires métis

Fenetre-cielUne fenêtre se glisse

Écran translucide

Devant le paysage

À l’heure

Où l’œil

Scrute une surface lisse

Au loin,

Îlots sur rivière

Hier,

Des explorateurs

Et des guides indiens

Parcouraient

En leurs itinéraires métis

L’onde

En canot

Le poète explore

Par son imaginaire

Le cou incliné

Comme une tour de Pise

En ces temps d’absence de bises

Ce bleu

Ces eaux

Ce vert obscur

Cette ouate vaporeuse,

Mystères

Que les paupières du poète

Ne peuvent saisir

En leur subtilité.

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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Hibiscus

Hibiscus 20200830

De retour du bal

Ça faisait un bail

Qu’elles n’avaient pas dansé

Tournoyé

Ces fleurs en leurs robes

D’un jaune si lumineux,

Si clair

Qu’elles croyaient l’été

Éternel

Comme aux Antilles

Ou aux abords de la Méditerranée

Illusion toute canadienne

Toute québécoise

Toute acadienne

Elles se sont flétries

Parce qu’Eol

N’avait pas prisé

Leurs rires fusant vers le ciel

Leur accent de Nouvelle-France

Égaré

Outre-Atlantique

Durant ce bal

Elles s’étaient imaginées

Sur la plage

En Martinique

Mes corolles d’hibiscus.

© Photo, texte, Denis Morin, 2020