Non classé

Un écho de Rose Meredith

Mercredi dernier, j’animais le Café littéraire, un atelier de poésie dans le Vieux-Saint-Eustache, quand une participante d’un grand sac rouge cerise cette peinture. Je lui demande le pourquoi. Elle me répond par un « C’est un cadeau pour consoler les fantômes dans ton roman. »

Oui, il est vrai que dans ce roman, une dame du lac apparaît à certains moments et que des personnages périront par les eaux tumultueuses. J’éprouve de la tendresse pour les âmes errantes, à la fois anges gardiens et entités prisonnières de notre monde que l’on tarde à quitter définitivement.

Mais je trouve tout de même ce table apaisant comme il m’arrive parfois de causer en apparence seul dans ma maison à mes proches disparus. En guise de réponse, une forme se profile ou bien des cognements sur un meuble se font entendre.

Une lectrice de ma région m’a confié que mes romans Rose Meredith et Et cétéra l’ont aidée à vivre sereinement le deuil de son époux.

Une amie comédienne m’avais déjà mis sur la piste d’une reproduction de la toile choisie pour la couverture de Rose Meredith. En ajoutant cette nouvelle peinture  »fantomatique », mon minuscule scriptorium tourne en galerie où les images et les mots font bon ménage pour ma plus grande joie.

Avouons-le, outre la partie créative, l’écriture est le reflet de nos expériences humaines partagées. On se fait du bien à soi, tout comme aux autres.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Duras, box Femmes dans l’art

CartesDURAS

Quand Duras chez @AdretWebArt se présente pour sa box Femmes dans l’Art en poésie, en photo, en audio, en immersive 3D et en doc numériques sur clé ou via code QR.

Nous sommes une équipe dans ce projet et nous unissons les mots, les voix, les lieux. À notre façon, nous jouons avec le concept de la carte postale qui devient pour ainsi dire multiforme tout en lui ajoutant la dimension biographique.

À découvrir évidemment.

© Texte, photo, Denis Morin, 2022

Non classé

Annonce printanière

Dans mon grand sac en bandoulière, j’apporte souvent avec moi un livre pour une future recension, un cahier pour des écrits divers, des stylos, etc.

Hier soir, j’y ai rangé un cahier à couverture tachetée. Que du noir et du blanc. Mes couleurs préférées, outre le bleu et le vert. Dans le bus direction Montréal, je me suis mis à relire mes notes de janvier dernier, puis mes personnages m’ont repris par la main. J’ai griffonné quelques répliques et développé une description.

À la maison, je peine à me concentrer. Il y a des courriels à répondre, du ménage à faire, la lessive, tant de choses pour me délier de ma pièce d’écriture. J’y arrive, si j’écoute du piano, ça m’apaise, ou bien si j’écris dans un lieu public. Je me crée une bulle et je déconne/je décolle grave.

Par le passé, j’ai déjà écrit presque trois recueils de poésie ainsi. Des nouvelles ont été retravaillées entre ma banlieue, presque la campagne, et le centre-ville bruyant de Montréal. Dans le métro, des flashes poétiques m’assaillent, je dois tout noter. Cet après-midi, je causais avec une collègue et j’ai commis un lapsus en nommant quelqu’un. Elle m’a répondu qu’il y avait là un nom de personnage.

Donc, si la tendance se maintient et les matinées suivantes, je serai en mesure de poursuivre le fil de ce nouveau polar où j’invite des personnages présentés dans mon polar L’ours et la ruche.

En outre, j’ai l’intention d’écrire une suite à mon roman Et cétéra.

Le printemps me donne des ailes, semble-t-il.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022  

Non classé

Votre tableau est prêt

Ange replet

En corniche

Au-dessus d’un livre

On le dirait ivre

De connaissances

Et de secrets

Il en a connu

Des saisons

Et des élèves inquiets

Notes

Bulletins

Remontrances

Coups de règle

Sur les doigts

Façon d’apprendre

À calculer, à écrire, à réciter

Surtout à ne pas trop se tromper

Sinon c’était aussi la ceinture

Ou la fessée

De retour à la maison

Enfant, j’évitais

La cour et les récréations

En rêverie

Je déambulais

Sur les stries et les coups de craie

Que je gommais

Brosse de feutre

Rectangle d’éponge

Eau blanchie par les signes,

Chiffres et lettres

« Sœur Aline, votre tableau est prêt ».

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Voici que…

Tête de chat

Voici que…

L’orage s’annonce

La panne électrique 

Se prolonge

Il faut sortir les bougies

Lire si cela est possible

À la lumière vacillante

Rire un peu 

Pour dédramatiser

Allumer le feu

Dans l’âtre

On se sentira bien mieux

À l’aube

Tout sera oublié

Le chat s’étirera

Après ses rêves de chasse

Et de souris vaincues

Le bel amour préparera le café

Du matin

Les draps auront

Encore le parfum

De la nuit

Dehors, un cumulo-nimbus

Broutera lentement

Son pré d’azur.

© Dessin, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Que voyez-vous ?

Sable du désert

Rose des sables

Cercle de verre

Tout se contient

En son centre

Sucre d’érable

Cire d’abeille

Côte sablonneuse

Érosion

Pain de savon

De Marseille

Copaux ramollis

À l’eau

Pourquoi faut-il

Une étiquette

Une définition

Circonscrire

Est-ce si important

Tout est plausible

Tout est possible

Que voyez-vous ?

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Emily D.

Boutons blancs

Nacre et ivoire

Industrialisés

Prélèvement

Sur chemise aux manches élimées

Ma mère les ramassait

On ne sait jamais

Ça pouvait toujours servir

Remplacement requis

Je fais de même

Dans un grand pot de confiture

Vide

Je l’ai rempli

De ces particules trouées

Ajours

Pour fil

Boutons blancs

Ornement ancien

Étrange perlage

Serrures pour vêtement

Préserver le corps

Du froid

De la lumière

De l’œil voyeur des autres

Boutons blancs

Fleurs des champs

Confinées en herbier

Les ciels et les horizons

Contenus

Dans le cloître d’une chambre

Comme les poèmes

D’Emily Dickinson.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Et cétéra – genèse

La genèse de ce roman fut un rêve étrange dans lequel une écrivaine québécoise ouvrait un courrier en provenance de France pour y lire sur un papier au couleur et au parfum de lavande : « Je vous aimerai toujours. » Au réveil, j’ai noté l’idée sur papier.

Ensuite, je lui ai associé un notaire de mari, ennuyant comme la pluie, aux racines polonaises. Les prémices m’intriguaient. Un très bref canevas fut établi par la recherche de prénoms et de noms de famille. Le puzzle prenait forme.

En quelques jours, je me suis retrouvé avec des personnages du Québec, de France, de Pologne et d’Écosse. Cela m’a permis de me promener aussi dans le temps entre la Deuxième Guerre mondiale et 2021.

Contrairement à bien des artistes paralysés par le confinement, mon esprit était libre de créer à sa guise. Dans ce roman épistolaire écrit au printemps 2020, j’ai pu traiter aussi des dons musicaux et visuels qui se transmettent d’une génération à une autre. La génétique, c’est bien plus qu’une histoire de couleur de cheveux ou d’iris, il me semble. Nous sommes le fruit des générations précédentes et nous réinterprétons le monde dans notre siècle comme l’ont fait nos devanciers en leur temps.

Toute cette histoire s’est développée en écoutant la musique de Jean-Michel Blais, pianiste et compositeur de trames sonores pour le cinéaste Xavier Dolan. Si vous aimez la musique ou si vous souhaitez redécouvrir le roman épistolaire, un genre littéraire relégué aux oubliettes, je vous invite à lire Et cétéra qui reçoit jusqu’à présent des avis très favorables.

Extrait :

Elle prend la tête de Julien et l’appuie contre son ventre d’épouse et de mère. Elle lui murmure…

— L’amour, ça ne meurt jamais. C’est un bulbe qui tombe en dormance, mais qui se réveille et livre une fleur, grâce à un peu de chaleur.

Julien reprend son souffle à ce moment précis, embrasse la photo, pose le cadre sur son bureau avant de chuchoter sa gratitude.

— Merci d’être la femme de ma vie. Je ne te mérite pas.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Les lucioles

Au haut de la fenêtre

Rectangle sous néon

Un billet

Plié,

Un propos replié

Sur lui-même

Une confidence

Figée

Dans le temps et l’espace

Don anonyme

Aux passagers

Au loin,

Des lampadaires

Qui se la jouent lucioles

N’allez pas croire

Que ces mouches sylvestres

Avec abdomen lumineux

Ne circulent qu’en forêt

Le poète les décèle

Sur son itinéraire

Suffit de porter le regard

Au loin

Et d’imaginer

Le possible

Dans l’inaccessible.

© Photo, texte, Denis Morin, 2022

Non classé

Les mots qui libèrent

Il y a six mois environ Denis-Martin Chabot, écrivain et directeur général de Fierté littéraire, lançait un concours de nouvelles sur le thème Les mots qui libèrent afin de dénoncer la violence dans les rapports amoureux et intimes des personnes 2LGBTQIA.

J’ai participé dans l’optique d’ajouter mon grain de sel avec ma nouvelle Jérémiades. Des textes retenus en provenance du Québec et de la francophonie, il en a résulté le beau collectif Les mots qui libèrent. Je suis ravi d’être de la partie. La superbe couverture est l’œuvre du comédien et artiste visuel Jean-Benoit Archambault.

Le Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie du ministère de la Justice du Québec soutient ce projet.

La vente de ce recueil aidera aux activités de Fierté littéraire. Il est possible de vous en procurer un exemplaire en contactant Fierté littéraire ou en passant par les Éditions TNT.

Bonne lecture !

© Photo, texte, Denis Morin, 2022