danse, poésie

Qui porte qui ?

Que faites-vous

Des moments passés ensemble

En classe,

Au studio

Pareils à nos danses

Transmises par des académies

 

Je vous cause

Et je revois encore vos ronds de jambe,

Vos bras allongés

Vos sauts aériens

Votre pied gauche pointé

Votre corps qui se contorsionne

Pour me livrer une histoire

Ou des interprétations multiples,

Reste à savoir

Qui possède un imaginaire débordant,

Fertile,

Féerique,

Métaphysique

 

Qui porte qui

L’homme ou sa partenaire en transe

Qui emporte qui

Les danseurs en sueurs

Ou le spectateur chamboulé

De l’intérieur.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

 

 

 

 

 

amitié, amour, communication, poésie

Éperdument

Éperdument

On s’aime

On se déteste

On se balance

Des injures

À la figure

Éperdument

À coups de mots-torture

Mon ordure

 

Éperdument

Tu ne perds rien pour attendre

Attendre quoi au fond

Si ce n’est la défaite

La déconfiture

Éperdument

Tout était écrit d’avance

Histoire banale

Plus de cartes postales

À envoyer comme preuves

De sentiments illusoires

Aux amis et à nos familles

Maintenant que c’est la bisbille

Et que la bisbille dure

Il pleut des hallebardes

Je t’avais prévenu.e

 

Bof, tu t’en fous

Éperdument.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

Bach, Chopin, musique, piano, Satie

Les envolées

Apesanteur

Légèreté

Fluidité

Les mains du/de la pianiste

Chopin marche dans Paris

Bach s’élève méditatif

Satie s’écoule, une eau de pluie

Des heures et des heures

À scruter

Les nuances

À ralentir

À accélérer le tempo

Que voulait (dire) le compositeur

Des ombres et des éclaircies

Des envolées

Presque mystiques

Pratiquer dans la solitude

Puis partager cette expertise

Cette sensibilité du bout des doigts

Au public

Et aux absents

Instrument accordé

Avant et après le concert

Se vêtir de noir

Absorber le silence ambiant

Et le transformer en musique.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

amitié, amour, écriture, famille, nostalgie, poésie

Ne pas, ne plus…

Ne pas…

Médire, il/elle est parti.e

Trop cuire le rôti

Saisir ce vase

Juste l’idée de le fracasser

 

Plutôt

Attraper la clarté

Si discrète en octobre

L’hiver viendra trop vite

Dis-tu / Disais-tu

Je ne sais plus

Où nous en sommes / où nous en étions

 

L’écho des disparus

Frappe ma mémoire

Ne plus (s’)échapper

Comme un visage estompé

Ne pas oublier

Oui, polir l’argenterie

Relire les lettres

De nos amours (in)fidèles.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

écriture, Plateau Mont-Royal, poésie

Entre chien et loup

Jongler avec les (in)certitudes

Comme si elles étaient des quilles,

Des balles colorées

Allant du plus clair au plus sombre

 

(S’)incliner la tête

L’arbre sait ployer une branche ou deux

Laissant filer le vent, l’oiseau, la pluie drue

S’envole la casquette

 

Puis entre chien et loup

Penser à rentrer au chaud à la maison

Ou bien rêvasser dans un café du Plateau

Entre deux chapitres à écrire

Entre deux livres lus, deux recensions.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

 

 

chanson française, inspiration, Piaf, poésie, transport, urbanisme, vie quotidienne

Le bal musette

AvionExo

Que l’on habite

Une banlieue

L’un de ces lieux

Dont on part

Et où on revient

Par RER

Métro

Bus

On rêve toujours

D’ailleurs

Il nous faut partir

Vers le point B d’une carte

Pour comprendre

Pour entendre

La voix de sa mère

Dire qu’on est bien ici

N’excluons pas

Le facteur et ses cartes postales

Plus sympa tout de même

Que des factures papier

Ou en version électronique

N’excluons pas

La rêverie

Qui gomme

Le temps d’une rose

Les conneries

Les coups bas

La trahison

Oui, chante-moi une chanson

Du style

Padam, padam, padam

Pour que mes yeux

Quittent le macadam

Pour transformer la routine

En bal musette.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

écologie, Basses-Laurentides, cuisine, Deux-Montagnes, Fleurs, inspiration

Du thé-extase

Églantier

De chez moi,

Pétales d’églantier,

D’églantine comme on dit

En France

Sont sur le point de s’assécher

Tout est encore odorant

La couleur s’intensifie

Puis je mélangerai

Avec mon thé Earl Grey

Déjà aromatisé à la rose

Ainsi je verrai la vie en rose

Par conséquent,

J’oublierai les tracas

Momentanément

Qui me rendent morose

J’en bois justement

Une tasse

Et c’est l’extase.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019