amitié, amour, écriture, deuil, famille, littérature, mots

De l’écriture et de l’absence

On comble une absence par d’autres présences qui font plaisir, qui rendent ivre momentanément.

On en arrive à comprendre sa propre vie en lisant celles des autres, personnages réels et fictifs. Il n’y a rien de définitif en écriture, si ce n’est le point final, mettant fin au dernier chapitre d’un roman, au dernier vers d’un recueil, à la dernière réplique qui sera rendue par un comédien sur scène.

On comble une absence en tachant sa main d’encre, en levant l’ancre dans sa tête pour s’autoriser l’alignement des phrases sur page et écran, pour gommer le blanc, pour y tracer des mots qui font sens tant pour soi que pour d’autres yeux.

Il va de soi que la roue est inventée et que le bouton orne encore la chemise et la tige florale sur le point d’éclore.  Écrire, c’est justement de se donner le droit d’éclore à notre tour, sans détours ni trop de manières.  Par les mots, comblons les absents, réjouissons-nous des présents.

© Texte, Denis Morin, 2019

 

actualités, eau, nature, poésie, printemps, Québec

Les amants enlacés

Amants enlaces

Cette année-là,

Le printemps avait été tardif

Pour les cœurs pensifs

Le niveau des eaux

Avait gagné les anciens chalets

On remplissait des sacs avec du sable

On érigeait des digues

Temporaires ou permanentes

Selon les secteurs

À la mairie,

Se réunissaient les citoyens inquiets,

Ceux dont la maison avait vue

Sur le lac et la rivière en crue

Les glaces étaient à la dérive

Tout comme ces amants enlacés.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

amour, écriture, billet d'humeur perso, poésie

Les amours se déclinent…

Les amours se déclinent

À tous les temps

À tous les modes

 

Les amours se relèvent

Et s’inclinent

Arabesques tracées dans l’air

Et à la surface des eaux

 

On y laisse son cœur

Parfois sa peau

Ça trouble l’esprit

À qui ne sait pas

Freiner la passion

 

Les amours se déclinent

Chocolatées

Au jasmin ou à la rose.

 

Les amours de déclinent

Exaltantes,

Tourmentées

Ou avec un soupçon de spleen.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

billet d'humeur perso, famille, olivier, poésie, roses

Le rosier grimpant et l’olivier

J’arroserai les plantes

Les petites et les grandes

À l’eau de source

Pas le moindre acide

Ni le moindre calcaire

Apparente neutralité bienfaisante

N’oublie pas de tourner les pots

D’un quart de tour

Favorisant ainsi une juste croissance

Quand j’aurai quitté

Prends bien soin du rosier grimpant

Au jardin

Et de l’olivier grec

À ma fenêtre

Les plantes, tu arroseras…

Peut-être…

 

© Texte, Denis Morin, 2019

Arts, écriture, inspiration, littérature, musique, poésie, Roman, temps

De l’art et du silence

Les gens qui n’écrivent pas ne conçoivent ni ne comprennent qu’il faut du temps et du silence aux artistes pour créer du beau, célébrer le temps qu’il faut et pour métamorphoser l’ordinaire, le moche en quelque chose de grandiose et de fabuleux.

Le poème s’écrit généralement sur une lancée, un souffle, un jeu de mots saisi dans l’air comme on saisit un insecte en vol. Un mot en appelle un autre, tout comme les images se mettent à défiler comme un film devant nos yeux.

Sur un autre registre, le roman exige un travail assidu et davantage de souffle que l’on écrive avec ou sans plan. Je brosse un plan sommaire, mais je laisse les personnages me mener par le bout du nez. Si le poète se fait musicien et chef d’orchestre, le romancier dans mon cas suit ses personnages à la trace comme un loup ou un chien de chasse. Libérez-moi du temps et je saurai vous le rendre en une enfilade de mots pour vous faire rêver.

De plus, mes collègues vous diront qu’ils ont besoin de temps pour répéter une oeuvre musicale, la chanter, la danser ou bien pour peindre un paysage et transposer en couleurs des humeurs.

Par sécurité et conformisme, les gens apprécient les créateurs décédés en chansons, du cinéma, en peinture. Néanmoins, je les invite à encourager les artistes de leur temps. Respectez-les, même si vous ne saisissez pas toujours leur démarche.

Bonne lecture. Bonne visite à la galerie d’art ou bonne découverte du street art de votre quartier. Bonne écoute de la musique actuelle. Soyez curieux et vous rendrez des artistes heureux.

© Texte, Denis Morin, 2019

Antoine de Saint-Exupéry, Café littéraire de Toulèsarts, petit prince, poésie, renard, roses

Le petit prince, le renard et la rose

Le petit prince dit

Cette rose je la veux

En mon jardin

Pour moi seul

 

Le renard lui répond

Cette rose je te la volerai

Pour en faire la joie

De mon museau

Elle sera à moi seul

 

La rose clôt la dispute

Non, mais c’est quoi ces manières !

Laissez-moi être votre amie

Laissez-moi offrir

Aux passants, aux quatre vents,

À la lune,

Au soleil,

À la lumière

Mon parfum et ma beauté !

 

© Texte, Denis Morin, 2019

Ce poème est, vous vous en serez douté, un clin d’oeil à St-Ex.