actualités, écologie, écriture, billet d'humeur perso, nature, poésie de train

J’en ai marre

Lunatique

Lune à tiques

Tu as des tics

Vous agissez

En fonction de vos tocs

On cogne à la porte

Ça le désarme,

Le déstabilise

On le ridiculise,

Pense-t-il

Les feux sont-ils

Éteints au Brésil

Dis-moi

Parle-moi

De choses insipides

Comme la tenue d’une comédienne

À un gala

Comme les séances de maquillage

En ligne

On se place en deux files,

Les petits en avant

Les plus grands en arrière

En fait, devant qui

Doit-on s’incliner

Plier l’échine

Des cétacés se font égorger

Chaque année

Aux îles Féroé

J’en ai

Juste marre des imbéciles.

 

 

© Texte, Denis Morin, 2019

actualités, Arts, Montréal, musique, nostalgie, poésie

Enseigne et ecstasy

Archambault

L’immeuble art déco

A connu ses heures de gloire

On y achetait des partitions

Pour piano classique

Mais aussi des guitares électriques

Les 33-tours en vinyle

Ont laissé place

Aux disques compacts

À l’heure des réseaux sociaux

On écoute des extraits

Au magasin avec un casque

On se dandine

On rêve

On s’évade

Prière de ne pas déranger

Chacun dans sa bulle

L’enseigne délogée

A été de nouveau hissée

On ne peut pas toujours

Reléguer aux oubliettes

Le patrimoine

Vaut plus qu’un rave

Et le mirage de l’ecstasy.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

 

actualités, eau, nature, poésie, printemps, Québec

Les amants enlacés

Amants enlaces

Cette année-là,

Le printemps avait été tardif

Pour les cœurs pensifs

Le niveau des eaux

Avait gagné les anciens chalets

On remplissait des sacs avec du sable

On érigeait des digues

Temporaires ou permanentes

Selon les secteurs

À la mairie,

Se réunissaient les citoyens inquiets,

Ceux dont la maison avait vue

Sur le lac et la rivière en crue

Les glaces étaient à la dérive

Tout comme ces amants enlacés.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

actualités, écriture, enfance, guerre, poésie

L’enfant-soldat

L’enfant-soldat

S’est vu retirer

Famille et terre

Lui, l’aîné

Pour se faire offrir

Bisbille et guerre

Il joue à sauve qui peut

Son enfance, on la blesse

En guise de jeu

Il tire, il tue

En rêve, il revoit

Sa mère, ses frères

Son père l’a-t-il connu

Fut-il reconnu ?

C’est toujours son oncle maternel

Qui veillait sur eux

Il espère semailles

Boustifaille, paix

Sous la chaleur de l’après-midi

Se ferment ses paupières

Entre deux combats…

Mamadou,

Mamadou,

Tu t’es endormi

La classe est finie

Nous sommes à Montréal

Il est 16 heures et demie.

 

© Texte, Denis Morin, 2018