Création, neige, poésie

Ancrage

Racine

La racine

Enfouie

En majeure partie

Sous terre

S’imagine

N’être rien

Qui vaille

Pourtant, elle abreuve

L’arbre

Le nourrit

Le retient

Au sol

Ancrage végétal

 

La racine

Soutient l’arbre

Et cherche la source

Et les nutriments

Elle ne sait mentir

Et va son chemin

Sinueuse

Noueuse

Fibreuse

Souvent en courbes

Telle une bretelle d’accès.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

écriture, chanson française, chanson québécoise, communication, Création, poésie, théâtre

Une ligne rose

Vit-on à l’ombre de quelqu’un

Comme une fougère

Pousse à l’ombre d’un chêne

Comme les jeunes filles en fleurs

D’un certain Marcel

 

Vit-on dans l’ombre de quelqu’un

Comme des artistes en devenir

Admirent

Respirent

Les chansons

La poésie

Des grands qui ont arpenté les planches

Des théâtres d’ici et d’ailleurs

 

Mène-t-on nos vies en parallèle

Tels les trains de Termini

Qui filent vers les banlieues

Et les autres villes d’Italie

 

Prolonge ta ligne bleue

Tant que tu veux

Fais-toi tatouer

Une ligne rose

Si tu veux

Dis ce que tu veux

Cela ne changera rien ou si peu

Aux déclarations de l’Académie française

À l’usage langagier du badaud

Sur un quai à Berri-UQAM

D’autres messages suivront…

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

 

écriture, billet d'humeur perso, Création, inspiration, littérature, mots

Et puis après…

Romancier en devenir,

Le poète écrit

Une page par jour

Parfois deux

Quand les mots viennent

Quand le silence englobe

Cocon libérateur

Des pensées de l’auteur

La trame de l’histoire

Dort dans un carnet fleuri

Les grandes lignes sont tracées d’avance

Mais les aléas

Et les coups de gueule

Des personnages qui font maintenant la moue

Et qui provoquent parfois le scribe dans un alinéa

Dans le cahier Clairefontaine

Les gribouillages, les éléments descriptifs

Et les dialogues

Tombent dans le vif

Du sujet

Et puis après…

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

écriture, Création, poésie, silence

Le crayon bleu de Prusse

J’ai tant écrit

À l’heure

Où on n’attend plus personne

À l’heure

Où ne sonne le téléphone

Les mots se divisent en syllabes,

En sons, puis j’en deviens aphone

Mon crayon bleu de Prusse Staedtler

Trace et griffonne

Comme musique de fond

Des notes de saxophone

Ou encore une gorgée de thé

Qui m’aide à digérer le mutisme

Dans lequel je suis plongé

J’ai tant écrit

À l’heure…

 

© Texte, Denis Morin, 2019