Arts, écriture, poème d'autobus, billet d'humeur perso, amitié

Sans aucune rancune

Elle me disait

Têtu, obstiné

Trop dans le mental

Trop dans l’ego

Elle me prodiguait

Des conseils sur les arts et la vie

Par je ne sais trop quel hasard

Ces conseils, elle ne se les appliquait

Pas à elle-même

Je la trouvais talentueuse, brillante

Comme une lanterne sous le boisseau

Flemmarde

Intuitive

Un brin vaniteuse

Elle jouait trop peu du clavier

De l’ordinateur et du piano

Les mots et les notes

Toujours remis à demain

Selon elle, je la méprisais

Pour ma part, ce n’était pas le cas

Je voulais secouer son immobilisme

Avant qu’il ne fût trop tard

Elle en eut marre

Que je lui rappelle

Le fait que n’écrire

Juste par temps inspirés

Par le Ciel ou autres bonnes ondées

Sur le moment, on est bien

Ancré dans le présent

Mais cela ne mène à rien

Sinon qu’à des regrets

De passer à côté de ses talents

Le sablier et l’hiver poussent sur les feuilles

Rageurs, nous nous sommes bloqués

Ici et là, tant dans le réel que sur les réseaux virtuels

Bon vent !

Que la Vie soit sa muse

Je m’en retourne

Justement à mon secrétaire

Mon clavier me tient meilleure compagnie

Tout ceci est écrit sans aucune rancune.

 

amour, écriture, poème d'autobus

Cœur de bitume

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Cœur de bitume

Masqueras-tu les fissures,

Les blessures

Laissées par le gel

Et l’usure ?

 

Cœur-enclume

Écrira-t-on sur ton dos

Des mots doux

Au lieu de marteler des mots amers

Comme venin ?

 

Cœur de bitume

Engloutiras-tu le sablier

Qui incite à la fuite ?

Les passants vont et viennent

Certains séchant leurs larmes.

 

© photo et texte, Denis Morin, 2018

Fleurs, inspiration, nature, poème d'autobus, poésie, roses, septembre

Rose tardive

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Éclose en septembre

La rose d’une teinte de confiserie

Ne saurait attendre

Indéfiniment les amants

Et leurs causeries de récamier

 

Ses jours sont comptés

Elle le sait

Ce qui la fait priser

Le présent

 

Mais un poète parlera d’elle

Bientôt

Au passé composé, s’il est quelque peu

Flemmard

À l’imparfait, s’il est quelque peu

Amnésique

Au passé simple, s’il est enclin

À la nostalgie

Au futur simple, dans l’espoir

De voir refleurir le rosier.

 

© photo, texte, Denis Morin, 2018

 

 

 

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Amour, j’irai…

IMG_20180916_090647[12111]-Amour, j'irai

J’irai te humer

Amour

Le temps que durent les roses

 

J’irai t’accueillir

Amour

À la gare

Pour que ton pas ne s’égare

Vers d’autres bras

Vers d’autres draps

 

J’ira te cueillir

Amour

Par les vergers

 

J’irai te retirer

Amour

Les pétales une à une

Pour dissiper le doute

Qui embrune

Trop souvent la raison.

 

© photo et texte, Denis Morin, 2018

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Juste l’heure

Je me mire

dans la glace

Le passé me suit

à la trace

L’ombre de mon père

me terrasse

Plus je vieillis

plus je lui ressemble,

il me semble

C’est écrit dans le ciel

Inscription dans les gênes

impression irréelle

Les ancêtres se bousculent

dans ma tête

et je me sens ridicule

Nu, je taille ma barbe

replace mes cheveux

en broussaille mes aveux

Contemple les poils

devenus gris,

devenus blancs

Les rides, mes lignes de vie

Me donnent juste l’heure

et le temps qu’il fait

Je m’habille

Je me mire,

au travers mon visage

je salue mon père,

Puis monte dans un taxi.

 

© Texte, Denis Morin, 2018