écriture, deuil, fils, père, poème d'autobus, sérénité, temps

Juste l’heure

Je me mire

dans la glace

Le passé me suit

à la trace

L’ombre de mon père

me terrasse

Plus je vieillis

plus je lui ressemble,

il me semble

C’est écrit dans le ciel

Inscription dans les gênes

impression irréelle

Les ancêtres se bousculent

dans ma tête

et je me sens ridicule

Nu, je taille ma barbe

replace mes cheveux

en broussaille mes aveux

Contemple les poils

devenus gris,

devenus blancs

Les rides, mes lignes de vie

Me donnent juste l’heure

et le temps qu’il fait

Je m’habille

Je me mire,

au travers mon visage

je salue mon père,

Puis monte dans un taxi.

 

© Texte, Denis Morin, 2018

écriture, deuil, frère, nostalgie, poésie

Je t’écris

Je t’écris pour te livrer

Ce qui m’est arrivé

Mes souvenirs comme nos pas emmêlés

Dans la neige blanche de janvier

 

Tu ne sais plus me regarder

Mon ami, mon frère

Mon ennemi, mon frère

 

J’étais l’aîné, le plus grand

Et toi le p’tit dernier

Mais au fond, tu étais le plus doué

Pour affronter la vie et ses démêlés

 

Entre nous deux, j’ai toujours su

Qui serait le gagnant

Je t’accorde raison une fois de plus

Sois fier de tes entêtements

 

Tu ne sais plus me regarder

Mon ami, mon frère

Mon ennemi, mon frère

 

Je t’écris pour te livrer

Ce qui vient d’arriver

Bientôt je verrai nos ancêtres

Tu parleras en bien de moi peut-être

 

Tu sauras bien me pardonner

Mon ami, mon frère

Mon ennemi, mon frère.

 

© Texte : Denis Morin, 2 octobre 2013, Deux-Montagnes