Arts, écriture, billet d'humeur perso, littérature, poésie

Trop, jamais assez, encore

SomeReading

Il y a toujours trop de livres, dit-on,

Pour les rêveurs

Les intellos

Les dissidents

Les artistes

 

Il n’y a jamais assez

De poèmes

De déclarations ferventes

D’appels aux réconciliations

Sur les tombes aux chrysanthèmes

 

On souhaite encore

De nouveaux Norman Bethune

De nouvelles Marie Curie

D’effervescents Guillaume Depardieu

D’effervescentes Betty Davis

 

Il y a toujours trop de livres

Il n’y a jamais assez de poèmes

On souhaite encore…

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

écriture, billet d'humeur perso, Création, inspiration, littérature, mots

Et puis après…

Romancier en devenir,

Le poète écrit

Une page par jour

Parfois deux

Quand les mots viennent

Quand le silence englobe

Cocon libérateur

Des pensées de l’auteur

La trame de l’histoire

Dort dans un carnet fleuri

Les grandes lignes sont tracées d’avance

Mais les aléas

Et les coups de gueule

Des personnages qui font maintenant la moue

Et qui provoquent parfois le scribe dans un alinéa

Dans le cahier Clairefontaine

Les gribouillages, les éléments descriptifs

Et les dialogues

Tombent dans le vif

Du sujet

Et puis après…

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

écriture, inspiration, littérature, Lorraine Lapointe, Roman

Roman en voie d’écriture…

roman

Voyez mes gribouillages dans un cahier Clairefontaine. Oui, les ratures et les coquilles sont permises à cette étape-ci.

À la maison, ça tourbillonne trop ces temps-ci.  Lorraine Lapointe, une amie comédienne, poète et chanteuse, m’a suggéré d’écrire lors de mes déplacements en transport en commun, quand l’espace le permet. Je commets l’impudeur d’écrire devant les autres et cela m’amuse de voir la tête qu’ils font. Écrire des chansons, des poèmes dans un café, je l’ai fait très souvent au début de la vingtaine. Laisser mes personnages évoluer, au gré de leurs humeurs, ça me convient très bien, même si cela se vit dans le train ou dans le bus.

Fait à noter que mes recueils de poésie biographique sur Félix Leclerc et Barbara furent rédigés dans le train de Deux-Montagnes/Montréal. À la rythmique des wagons passant sur les rails se superposaient leurs voix, leur univers respectif.

À un proche qui me disait que j’étais à l’ancienne d’écrire dans un cahier, ma réponse fut que c’était bien possible, mais que les carnets valent leur pesant d’or pour les archives et les encans, quand l’écrivain devient connu et surtout après sa mort. Donc, je prépare mon trousseau à léguer après mon départ pour l’au-delà.

N’en faisant qu’à ma tête, je poursuis l’écriture de ce roman qui devrait se terminer au début 2020.  D’ici là, je n’en dévoilerai pas plus.   À suivre.

© Image, texte, Denis Morin, 2019

amitié, amour, écriture, deuil, famille, littérature, mots

De l’écriture et de l’absence

On comble une absence par d’autres présences qui font plaisir, qui rendent ivre momentanément.

On en arrive à comprendre sa propre vie en lisant celles des autres, personnages réels et fictifs. Il n’y a rien de définitif en écriture, si ce n’est le point final, mettant fin au dernier chapitre d’un roman, au dernier vers d’un recueil, à la dernière réplique qui sera rendue par un comédien sur scène.

On comble une absence en tachant sa main d’encre, en levant l’ancre dans sa tête pour s’autoriser l’alignement des phrases sur page et écran, pour gommer le blanc, pour y tracer des mots qui font sens tant pour soi que pour d’autres yeux.

Il va de soi que la roue est inventée et que le bouton orne encore la chemise et la tige florale sur le point d’éclore.  Écrire, c’est justement de se donner le droit d’éclore à notre tour, sans détours ni trop de manières.  Par les mots, comblons les absents, réjouissons-nous des présents.

© Texte, Denis Morin, 2019