Deux-Montagnes, Gare Deux-Montagnes, hiver, Poème de train, poésie

Une fois de plus

Entrelac

Miroir d’inox

Archipel de glace

Objet non identifié

Sur quai de gare

Hiver poétique

Malgré tout

Les yeux s’ouvrent

Je boirais bien

Un verre d’absinthe

Je sais, je sais

Un verre d’absinthe

Danger avec usage

Je naviguerais

Ici, à gauche

Là, à droite

Déplacez-vous dans ces entrelacs

Sans billet

Sans filet

Vos ongles élaboreraient

Le tracé

Je sais, je sais

Nous avons loupé le train

Une fois de plus.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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Origami

C’est ici

Que nos chemins

Se séparent

J’emprunte

Un itinéraire

Et toi

Tu marmonnes

Mon nom

Comme une prière

Je feins

De ne pas comprendre

Je feins

De ne pas t’entendre

Plus le temps d’appliquer les freins

Mais surviennent des volte-face

Comme l’existence

En est tissée

C’est ici

Que nos vies se réparent

Tu as redessiné

Mon itinéraire

Et moi

Je reconfigure

Un bout de papier

Ton écriture

Origami.

 

© Photos, texte, Denis Morin, 2019

 

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Des soupçons de beauté

Lichen et mousse

L’arbre se trouvait moche

Sans ses fleurs

Absence d’odeurs

Sans les passants pour vanter

La beauté

De son ramage végétal

Tout portait à croire

Que cet arbre finirait

Dans l’oubli

Et sous les dents d’une scie

Or, un peintre aux aguets

Avait entendu la plainte

De l’arbre

Il s’approcha et proposa

De lui restaurer son allure

Il sortit ses tubes,

Sa palette,

Puis projeta des éclats

De peintre

Sur le tronc

Marquant ici et là

Un relief,

Des parcours

Pour distraire des passagers

Admiratifs

En attente de l’autobus

Ou du train

Nul besoin d’aller trop loin

Pour contempler

Des soupçons de beauté.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019