Antoine de Saint-Exupéry, Café littéraire de Toulèsarts, petit prince, poésie, renard, roses

Le petit prince, le renard et la rose

Le petit prince dit

Cette rose je la veux

En mon jardin

Pour moi seul

 

Le renard lui répond

Cette rose je te la volerai

Pour en faire la joie

De mon museau

Elle sera à moi seul

 

La rose clôt la dispute

Non, mais c’est quoi ces manières !

Laissez-moi être votre amie

Laissez-moi offrir

Aux passants, aux quatre vents,

À la lune,

Au soleil,

À la lumière

Mon parfum et ma beauté !

 

© Texte, Denis Morin, 2019

Ce poème est, vous vous en serez douté, un clin d’oeil à St-Ex.

Café littéraire de Toulèsarts, haïku, poésie, sérénité

De la cloche à la biche

La cloche de grès

Ne porte pas de regrets,

Sons qui s’envolent

 

Gâteau de fête,

Il contient des arômes

Et des mots si doux

 

Sculpture de bois

L’artisan y a gravé

Impressions passées

 

Au jardin de mai

Le lilas j’ai respiré

Envol de l’oiseau

 

Soulier verni

Pas de danse oubliée

Mais lumière luit

 

Pistes sur neige

Lumière dans le sous-bois

Une biche attend

 

 

© Textes, Denis Morin, 2019

amitié, amour, écriture, Café littéraire de Toulèsarts, nostalgie

Toujours

Toujours

Se vit dans l’audace

Dans la quête de l’impossible

De l’inaccessible

 

Toujours

Une promesse

Une résolution

À tenir

Surtout devant témoins

Ou en son for intérieur

Pour s’éviter les regrets

Et le sarcasme

 

Toujours

Comme une ambition

Une rime de chanson

Entendue, reconnue

Fredonnée d’hier à aujourd’hui

 

Toujours

Évoque amour

Avec ou sans cérémonie

Porter en son cœur

Le souvenir des êtres

Présents et disparus

 

Toujours

Un mot-velours

Qui défile dans la vie

Comme une habitude

Une certitude

D’être là

À quelques pas

Ou à mille lieues

Tout de même si près.

 

© Texte, Denis Morin, 2019

écriture, billet d'humeur perso, Café littéraire de Toulèsarts, inspiration, Piaf

Le matin

Le matin. En passant.

Rame de métro. Où sont les oiseaux ?  Ils dansent en notes sur MP3 et sur des cellulaires.

Je n’ose regarder les passagers.  Prison de verre et de plastique.  Wagon, tunnel.  Message inaudible à la clientèle.  Certains dorment, baillent, lisent, se lèvent, tiennent à peine debout.

Sortie quatre stations plus loin.  Bousculade d’étudiants.  Dictionnaire à peine acheté, dictionnaire à peine échappé sur les rails.  Interruption de service.  Je n’y suis pour rien ou si peu. « Non, rien de rien… » qu’elle chantait la Piaf.  Elle dort au Père Lachaise.

Prenez donc une bûche et venez me jaser un brin le matin.

 

© Texte, Denis Morin, 2018