Allemagne, Édith Stein, écriture, Carmélites, Judaïsme, poésie, poésie biographique, Pologne, Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Spiritualité

Édith Stein, triptyque

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En poésie biographique (fusion deux genres littéraire, la biographie et la poésie), ce sont les personnages (sur lesquels on aura à écrire) qui nous invitent plus ou moins subtilement, nous guettent, nous saluent dans les rayons d’une bibliothèque ou par le biais d’articles spécialisés.

Par exemple, j’ouvre une revue d’histoire où l’on traite de religieux nés dans le judaïsme convertis au catholicisme qui terminèrent leur destinée terrestre dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau.  Parmi eux, le nom d’Édith Stein (1891-1942) attire mon attention.  Pourtant, Stein est chez les Juifs ashkénazes est aussi commun que le patronyme Tremblay chez les Québécois ou Dupont pour la population française.  Ma curiosité me fait découvrir une femme singulière et plurielle : philosophe, enseignante, conférencière, polyglotte, traductrice, féministe, puis carmélite.

L’impact le plus important qu’elle eut ne fut pas celui de l’intellectuelle féministe dont on publia les traités sur l’éducation et autres ouvrages savants après sa mort, mais ce fut plutôt par son attitude.  Elle encourageait ses élèves, forma des Dominicaines, intercéda aux jours sombres du nazisme et devint un ange de compassion auprès des voyageurs, victimes de la Shoah.

À travers ce recueil Édith Stein, triptyque, je dépeins sa vie, le milieu philosophique du temps (elle était disciple d’Edmund Husserl, concepteur de la phénoménologie), les Carmels de Cologne, en Allemagne, et d’Echt, en Hollande.

« Plus près de notre époque, des témoins rapportèrent

Avoir vu une fascinante carmélite et sa sœur Rosa

Avec une étoile jaune en guise d’identité ainsi elles allèrent

Malgré la mort à l’orée tant de Lumière divine émanait de ces visages las. »

 

 

© texte et photo, Denis Morin, 2018

 

Bethléem, Carmélites, Mariam Baouardy, Mystiques, poésie, Spiritualité

Les salutations de Mariam

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Il arrive parfois qu’un personnage historique sur lequel on écrit nous habite et nous accompagne au-delà du point final.  On a développé une complicité telle que cet être devient un proche qui se manifeste à nous de temps à autre.

Prenons le cas par exemple de Mariam Baouardy, deux semaines après la parution du recueil, je vis en songe une moniale, plus précisément une carmélite à voile blanc (voile de tourière) au teint basané s’élevant dans le ciel.  La scène prit une allure solennelle.  Elle portait couronne d’épines et souffrait des stigmates du Christ.  Elle ouvrit les bras, inclina la tête sur la droite, puis les épines enfoncées se métamorphosèrent en une volée de colombes.  Ce songe, je le fis à deux reprises à quelques nuits d’intervalle, nullement effrayé de cette vision.

Puis, je communiquai par courriel avec une carmélite (personne-ressource) du Carmel de Bethléem (voir le billet antérieur sur Mariam), en prenant soin de bien lui décrire la scène comme si nous étions au théâtre et que Mariam fût sur les planches.  Ma correspondante me rassura en me disant que j’avais bénéficié de la visite de la sainte qui se manifestait ainsi à certaines de ses consœurs cloîtrées.  Par conséquent, je devais me considérer privilégié.

Somme toute, écrire sur elle fut une suite d’instants de grâce.  À sa façon, Mariam m’avait manifesté tout simplement sa gratitude.  Je pense à elle souvent.