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Les bulles

Fulgurance3

Ivresse en solitaire

Vibrance solidaire

L’acteur ou le spectateur

Est juste

En quête de happy end

Derrière les décorations

Les bulles,

Taches lumineuses

Sur paroi vitreuse

Y a-t-il un sens

À cette histoire

Une année s’étiole

Une autre se pointe

Au calendrier

À vos marques…

Prêts, partez !

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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Cette nuit-là

Crèche italienne

Il y a 2000 ans

C’était hier pour les anges

Un berger partait

Avec ses fils

Rassembler le troupeau

À la nuit tombée

Nulle trace

De l’agneau égaré

Que le berger portait

Souvent sur ses épaules

Lui épargnant

Trop longue fatigue

De la grotte là-bas

Hululait

Une chouette

Dérangée

En sa routine

Le berger et ses fils

Parlaient

De constater ce qui s’y trouva

Ils virent

Un père, une mère

Des anges virevoltants

Un bébé en langes

Et un agnelet

Qui s’apprêtait à réchauffer

Les pieds du nouveau-né

Le berger, ses fils

Et leur troupeau

S’installèrent

À l’entrée de la grotte,

Comblés de joie

Cette nuit-là.

© Photo, texte, Denis Morin

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Les bonniches

Gouttiere et journal

Cet immeuble

Si victorien

Fut-il

En des années glorieuses

Abrite encore

Des secrets d’alcôve

Des faits divers

Des crimes non résolus

Imprimés

Sur journal défraîchi,

Vestige coincé

En la corniche

Elles avaient tout entendu

Mais elles s’étaient tues,

Les bonniches

Derrière ce mur

Et cette frise végétale

Si festive

Pourtant,

La saison n’était plus au bal.

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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Les décorations

Boules de Noel (2)

Mon enfance

Mes rêves

Dormaient

En un casier

À la gare

La clef s’était perdue

Au fond d’un tiroir

Au creux d’une valise

Je voulais Paris, Venise

Amsterdam

Et leurs eaux sous les ponts

Mon enfance

Mes rêves

Se glissent à présent

Sur un écran éclairé

En guise de papier

D’un autre siècle

Toutefois, certaines décorations

Ravivent

Mon enfance

Et mes rêves.

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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Bonheur en différé

Demie-roue (2)

Demi-lune

Demi-sphère

Lumières

Et chrome

Au-dessus des passants

Indifférents

Qui mendient

Sans le savoir

Un sourire

Une raison d’espérer

En des jours meilleurs

Demi-lune

Demi-sphère

Veilleuse

Pour citoyens

En mal d’effervescence

De réjouissance

On prédit une souche mutante…

Le bonheur sera en différé.

© Texte, photo, Denis Morin, 2020

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De toute évidence

Fulgurance1

Tu te consumes

Tu brûles ton existence

Comme chandelle

Par les deux bouts

Tu confonds

Fuseaux horaires

Et chiffres de l’horloge

Tu tapes du pied

Quelle impatience

À la caisse du commerce

Un flot d’injures

Tu déverses

Si tu n’es pas le premier

À la ligne d’arrivée

Mais es-tu vraiment heureux

Je suis curieux

D’en savoir plus

Sur ton compte

Que peux-tu dire

Pour ta défense

J’espère ta délivrance

Des apparences trompeuses

De toute évidence.

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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Esperluette

Girafes-grues

La girafe et la grue

Dansent

Divertissent

Sans le savoir

Sans le vouloir

Les passants

Avec autres spectateurs

Un lampadaire taciturne

De jour comme de nuit

Et des pigeons affamés

Picorant maigre pitance

Bec au sol

Perchés aux corniches

Les faucons

Scrutent le ciel

Presque d’un gris souris

Si on use

De l’œil créatif

En jouant sur un angle

En modifiant sa perspective

La girafe et la grue

Graciles

En dépit

Des mécaniques manières

Forment

Une esperluette…

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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À l’orée de ta vie

Trafic

Il pleuvait

Mais la route brillait

De mille feux

Novembre se prenait

Pour décembre

Dans l’autocar

Des regards hagards

Chacun détournait les yeux

Pas l’ombre d’un doute

Distanciation obligatoire

Il faisait trop sombre

Pour lire

S’alanguir

On ne le pouvait pas

Devant tout ce rouge,

Cette rumeur qui bouge

À l’orée de la ville

Il pleuvait

Mais la route brillait

À l’orée de ta vie.

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

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L’autocar de banlieue

Erreur 404 (2)

J’aurais donné

Des parcelles de mon âme

Sacrifié des années

Imploré la faux

À Dieu

Senti presque la pointe des flammes

Avant le Paradis

Quant au Cornu,

On ne joue pas au Malin

Avec lui

J’aurais éprouvé

Bien du remords

J’aurais avoué

Sous la torture

Mes torts,

Les vrais et les faux,

Plus qu’il n’en faut

Qui dit vrai

Qui sépare en moi

Le blé de l’ivraie

J’aurais même fait

Compostelle

Pour être sous les feux

De la rampe

Pour d’infimes minutes de gloire

Plutôt qu’être assis

Dans un autocar de banlieue.

© Photo, Denis Morin, 2020