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écriture, Basses-Laurentides, billet d'humeur perso, poésie, Vieux-Saint-Eustache

Effervescence

Mur de pierre

On écrit

Pour exprimer

Sa lourdeur

Sa torpeur

On écrit

Pour des envies

D’effervescence

De bulles qui éclatent

Dans un verre

Sous les poumons

Du souffleur

On écrit

Pour abattre les frontières

Gravir les murs

Qui t’encerclent

Te confinent

On écrit

Pour se dire

Que rien n’est impossible

Pour croire

Aux miracles

Pour la transmutation

Des choses et des êtres

Pour réveiller le meilleur

Gommer ou dénoncer le pire

On écrit

Pour t’ouvrir ma ligne de vie,

Ma ligne de cœur

On écrit

Pendant des heures

Pendant des journées

De ciel gris

Pour aujourd’hui

Pour un futur

Pour des verbes

Qui emmêlent

Faire et être

On écrit

Tout simplement

Parce que la tête

Ne contient plus

La tourmente

Les personnages

Les voix

Les histoires

Les confidences

Les regards

Les plongées en soi

Les remontées vers le dehors

Les vies

On écrit

Sans se prendre la tête

Pour faire la fête

Pour faire table rase

Pour faire la paix

On écrit

Des kilomètres

De mots

Ligne blanche

Pointillé jaune

Bornes

À bas les barrières

J’écris…

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

Mieux-être, Nouvel an, poésie

Résolution

Plume jaune

Une résolution

C’est une révolution

Attribuée

À soi-même

Non pas une punition

À proprement parler

Mais une évolution

Une marche à suivre

Vers un mieux-être

Tiens, depuis quand

Les poètes se déguisent-ils

En coachs de vie

Je ne saurais dire

Qu’importe

Soyons nous-mêmes

Laissons les étiquettes

Les préjugés

À d’autres

Qui ne lisent

Pas plus loin que leurs cils.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

poème de métro, station de métro Cartier, transport

L’azur…

Métro Cartier

L’azur soulève

Nos pieds argileux et fangeux

Par ces matins frileux

Où l’on ne voudrait quitter

Le monde douillet des rêves

L’azur nous transporte

Nous amène

En des destinations

Jusqu’à présent inconnues

Sortir de nos zones de confort,

C’est le lot des audacieux

Et des êtres généreux

Qui ne veulent crever

Sous l’ennui.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2020

 

 

arbre, écriture, billet d'humeur perso, Deux-Montagnes, poésie, Spiritualité

Entends-moi bien…

Ecorce

Il suffit

D’un mot

Pour que tout se change

En bruit / en son / en silence

En bénédiction

En mal / en bien

En offense / en pardon

Je reste sur ma faim

Tu restes sur ta fin

Il suffit

D’un mot

Pour que tout se change

En musique / en louange

En souhaits / en prière

En obstination / en compromis

En bonne entente

Il suffit d’un mot

Tracé sur l’écorce

En des nuances mousse et lichen

Pour que tout se change…

Que les ténèbres cèdent à la lumière

Entends-moi bien…

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

 

 

 

 

centre-ville près de la station de métro Guy-Concordia, Montréal, poésie, urbanisme

Lierre et scarabée

Le lierre

Grimpe sur le minéral

Il en oublie

L’hiver et ses galères

Le lierre

S’agrippe

À l’orée des panneaux

De verre

Vigne urbaine

Parfois

L’émerveillement

Des passants

Chargés de leurs soucis

De leurs regrets

Est au rendez-vous

Je suis l’un d’eux

Mais il m’arrive

Même dénicher

Les antennes

D’un scarabée

Sur un toit.

 

© Photos, texte, Denis Morin, 2019

 

Arts, Basses-Laurentides, Café littéraire de Toulèsarts, Manoir Globensky maintenant Musée des Patriotes / Maison de la culture, poésie, Vieux-Saint-Eustache

Me fondre dans le bleu…

Je veux

Me fondre

Dans le bleu

Sur table

Pour mettre

Cartes sur tables

Je veux

Toucher

Ce bleu

Dans les arbres

Me brûler

Les doigts

Me tacher

Les doigts

Métamorphoser

L’ordinaire

En extra

Saupoudrer

Du zeste de beauté

Sur les restes

Du quotidien entamé

Que l’encre

Soit mon sang

Que les courbes et lignes

Des lettres

Émergent

Que les pulsions destructrices

Soient

Pulsions créatrices

Je veux

Me fondre

Dans le bleu…

 

© Photos, texte, Denis Morin, 2019

 

Montréal, Plateau Mont-Royal, poésie, rue Cherrier, rue Saint-Denis

Au beau milieu d’une forêt

Rue Cherrier

Le poète était absorbé

Par cette étrange clarté

Dans l’arbre effeuillé

C’était la nuit

Rue Cherrier, coin Saint-Denis

Pourtant,

Tout semblait reluire

Lampadaire suspendu

Derrière le tronc dégarni

Jouant à l’astre endormi

Ses yeux d’enfant

Fixaient

Cet éclat

Comme le loup, le lynx, le cerf

Les lueurs d’un feu

Au beau milieu

D’une forêt.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019