Blogue

écologie, été, Basses-Laurentides, Deux-Montagnes, nature, poésie

Verte chenille et cassis

Chenille-cassis

C’est la mi-août

Cueillette de baies

Au jardin,

Le cassis est mûr

On rêve à la confiture

Ou aux tartes

Par anticipation

On s’en délecte

Nul doute

Que cela tournera

En souvenirs

L’été se résume en saveurs…

Fraise, framboise,

Bleuet, cassis

Après la cueillette

Le poète

Pense aux papillons

Quand apparaît une verte chenille

Il la photographie

Parmi les baies

Avant de la déposer

Sur feuille de vigne

Elle sera passée ainsi du potager

À la tonnelle.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

 

 

Création, neige, poésie

Ancrage

Racine

La racine

Enfouie

En majeure partie

Sous terre

S’imagine

N’être rien

Qui vaille

Pourtant, elle abreuve

L’arbre

Le nourrit

Le retient

Au sol

Ancrage végétal

 

La racine

Soutient l’arbre

Et cherche la source

Et les nutriments

Elle ne sait mentir

Et va son chemin

Sinueuse

Noueuse

Fibreuse

Souvent en courbes

Telle une bretelle d’accès.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

boul. Henri-Bourassa, inspiration, Montréal, poésie, urbanisme

Cœur-pierre

Coeur-pierre

Anfractuosité dans le bitume

Les pluies diluviennes

Et les travaux

De la voirie

Avaient poussé

Cette pierraille

À combler le vide

À remplir le creux

Surprise du passant poète

Voyant des choses

Là où les autres ne voient rien

J’ai vu ce joli cœur

Je vous en fais cadeau

Puisse-t-il mettre du beau

Puisse-t-il appliquer du baume

Sur votre heure.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

Basses-Laurentides, poésie, rivière des Milles Îles, Vieux-Saint-Eustache

L’îlot

Ilot

Cet îlot

Au milieu de nulle part

Unique parmi les îles

Sur cette rivière

En comptant mille

Ou presque…

Doit abriter un héron gris,

Un couple d’outardes

Et des corneilles

 

Cet îlot

M’est apparu

Longeant à pied

Traversant une autre rivière

À proximité d’un cimetière

Où dorment les gens d’avant

 

Cet îlot

Si discret

Passe inaperçu

Quand on file à toute allure

Devant l’église

Et l’ancien presbytère

Et l’ancien couvent

Transformé en mairie

 

Je me réjouis

À la vue de cet îlot

Émanant des eaux.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

 

écriture, chanson française, chanson québécoise, communication, Création, poésie, théâtre

Une ligne rose

Vit-on à l’ombre de quelqu’un

Comme une fougère

Pousse à l’ombre d’un chêne

Comme les jeunes filles en fleurs

D’un certain Marcel

 

Vit-on dans l’ombre de quelqu’un

Comme des artistes en devenir

Admirent

Respirent

Les chansons

La poésie

Des grands qui ont arpenté les planches

Des théâtres d’ici et d’ailleurs

 

Mène-t-on nos vies en parallèle

Tels les trains de Termini

Qui filent vers les banlieues

Et les autres villes d’Italie

 

Prolonge ta ligne bleue

Tant que tu veux

Fais-toi tatouer

Une ligne rose

Si tu veux

Dis ce que tu veux

Cela ne changera rien ou si peu

Aux déclarations de l’Académie française

À l’usage langagier du badaud

Sur un quai à Berri-UQAM

D’autres messages suivront…

 

© Texte, Denis Morin, 2019

 

 

été, Cézanne, Modigliani, poésie, Vincent Van Gogh

La cigale et les touristes…

Cigale

Cigale immobile

En cette canicule record

Elle ne plaindra plus

Des touristes mal attriqués

Dans les paysages de Provence

Van Gogh, Cézanne et Modigliani

Les auraient fuis

Comme la peste

Du reste,

Ils font tache dans le paysage

Cigale sage

Nous te remercions

Pour avoir su mettre de l’ambiance

En ton honneur,

Je boirai du Pernod,

Tout en lisant Giono.

 

© Photo, texte, Denis Morin, 2019

billet d'humeur perso, poésie

La rêveuse

Elle lâche

Tellement prise

Qu’elle ne fout rien de sa vie

Le Ciel y pourvoira

On veut bien

Mais que fait-elle

De ses dix doigts ?

 

Elle rêve

Aux aigrettes blanches

À long cou

Des estampes japonaises

Elle ne boit que du thé vert matcha

Elle mène une vie bio certifiée

 

Elle passe

Ses jours en état d’apesanteur

Le consumérisme

Ou le militantisme

Des autres

L’épuise

Moi, elle me trouve trop affairé,

Trop ambitieux

Mais au fond

À petit feu, elle crève

D’ennui

Le cul sur son tatami.

 

© Texte, Denis Morin, 2019