inspiration, Migration, personnage, poème de métro, poésie, Vietnam

Kim Nguyên

Kim Nguyên

Elle est, était, fut

Boat people

Nguyên, patronyme

Hyper commun

Comme Tremblay au Québec

Et Dupont en France

 

Errance

Elle a vogué sa galère

Entre la Mer de Chine

Vancouver, Montréal, Paris et Berlin

Elle n’est pas d’ici

Elle n’est plus d’ailleurs

 

Naturalisée ?

Paralysée

Par les démarches administratives

Et les conventions internationales

 

Apatride

Fait divers des médias

Tache d’encre

Algorithme

Donnée statistique

Pièce d’identité

Futur document d’archives

Kim Nguyên

Elle est, était, fut…

 

© Texte, Denis Morin, 2018

écriture, inspiration, personnage, poésie

Sur la pointe des pieds

Elle marchait

Enfant

Sur la pointe des pieds

Toute discrète

Toute secrète

Ne pas éveiller de soupçons

Eviter le moindre bruit

 

Elle marchait

Toute grande

Dans ses escarpins

Sur la pointe des pieds

Raffinée

Tout aussi secrète

Ainsi, elle menait sa vie

 

Elle marchait

Boulot

Courses

Affaires de famille

Évitant les bisbilles

Elle se voyait marchant sur les eaux

Du lac de Tibériade.

 

© Texte, Denis Morin, 2018

Arts, écriture, inspiration, poème d'autobus, poésie

Le poète

Il manie

Le stylo et la souris

Pas vraiment la hache

Le couteau

Seuls les mots peuvent

Avoir du mordant,

Un côté incisif

 

En règle générale

Le poète préfère

Les livres

Les vers et la prose qui le rendent ivre

Par tant de beauté partagée

 

Par essence

Le poète écrit

Mais il lui arrive

De déclamer

Mais il lui arrive

De se taire

Selon si on souhaite l’entendre

Ou faire fi de sa compagnie

 

Il est en quête…

Sentiments, choses et mystères

Qui le tourmentent au travail

Qui l’éveillent la nuit

Lui font sortir un calepin,

Amas végétal recyclé, ligné

Anodin

 

À tout prix, il lui faut

Écrire une image

Tout droit, de biais, en marge

Faute de papier,

Au creux de sa main.

 

© Texte, Denis Morin, 2018

écriture, billet d'humeur perso, Café littéraire de Toulèsarts, inspiration, Piaf

Le matin

Le matin. En passant.

Rame de métro. Où sont les oiseaux ?  Ils dansent en notes sur MP3 et sur des cellulaires.

Je n’ose regarder les passagers.  Prison de verre et de plastique.  Wagon, tunnel.  Message inaudible à la clientèle.  Certains dorment, baillent, lisent, se lèvent, tiennent à peine debout.

Sortie quatre stations plus loin.  Bousculade d’étudiants.  Dictionnaire à peine acheté, dictionnaire à peine échappé sur les rails.  Interruption de service.  Je n’y suis pour rien ou si peu. « Non, rien de rien… » qu’elle chantait la Piaf.  Elle dort au Père Lachaise.

Prenez donc une bûche et venez me jaser un brin le matin.

 

© Texte, Denis Morin, 2018

Arts, écriture, Création, inspiration, poésie, Roman

La vie, dans le mouvement

L’écriture se nourrit de temps arraché à la cacophonie de la modernité et de régularité.  Donc, on ne saute pas un jour sans broder quelques lignes, sans confier à l’écran ou au papier un état d’âme, une pensée, un dialogue à intégrer dans un chapitre de roman.

Oui, les états de grâce existent où les muses et les esprits des disparus nous soufflent l’image émouvante et la rime parfaite, mais bien plus souvent qu’autrement il nous faut un brin de fatigue oculaire pour que jaillisse un texte convenable qui saura faire réfléchir ou à tout le moins émouvoir le lecteur en sa chaumière.

Malgré les apparences, je n’ai pas le verbe facile.  Je suis timide.  Je me fais violence, puisqu’écrire m’est nécessaire pour vivre.  Tiens, je vous écris en ce moment dans le silence. Pas de télévision allumée pour distraire le regard, pas de Messenger ouvert, par de musique pour m’éviter le risque de m’envoler sur une mélodie.

Le livre en devenir se forge à coups de phrases prélevées, voire cueillies dans l’air.  Qui de l’imaginaire et de la raison se met au service de l’un ou de l’autre ?  Je ne saurais dire.  Cela importe peu.  Allons de l’avant, la vie étant dans le mouvement, dans le geste, des mots qui défilent et de l’iris qui lit…

À suivre…

 

© Texte, Denis Morin, 2018